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Minorités en Albanie : les Macédoniens craignent la réorganisation territoriale du pays

Traduit par Jaklina Naumovski et Mandi Gueguen
Sur la Toile :
Mise en ligne : samedi 25 janvier 2014
Les Macédoniens d’Albanie sont inquiets : le gouvernement s’apprêterait à regrouper les petites communes majoritairement peuplée par cette minorité, sur les rives du lac de Prespa. Une telle réorganisation pourrait avoir des conséquences drastiques sur l’équilibre ethnique de la région de Mala Prespa. En attendant, la réforme de l’organisation territoriale du pays fait l’objet d’un bras de fer entre majorité et opposition.

Avec la nouvelle loi sur l’organisation territoriale qui devrait entrer en vigueur avant les élections locales de 2015, le gouvernement albanais supprimera la commune de Pustec, qui est entièrement peuplée par des membres de la minorité macédonienne.

Selon une version préliminaire obtenue par le journal des Macédoniens en Albanie Makedonium de cette nouvelle loi sur l’organisation territoriale, la commune de Pustec dans la région de Mala Prespa, presque entièrement peuplée par la minorité macédonienne, serait regroupée avec des municipalités albanaises. La nouvelle municipalité, appelée Poleni, regrouperait les actuelles communes de Pustec, Poleni et Vreshtas, ainsi que les villages de Shamol, Malavec, Belorta, Kuç et Zi, Nevechisht, rattachés aujourd’hui à la comune de Bulgarec. La nouvelle municipalité compterait 41.396 habitants.

« Le regroupement de la commune de Pustec aux communes albanaises ne va pas dans l’intérêt des Macédoniens, car ils n’auront plus aucune influence dans la nouvelle commune. Ce que nous craignons, c’est que celle-ci soit dirigée par un maire albanais et que le conseil municipal distribue des terrains communaux sur les rives du lac de Prespa, ce qui modifierait la structure ethnique de la région de Mala Prespa », écrit Makedonium. La nouvelle commune ne serait guère fonctionnelle pour les Macédoniens de Pustec car, pour toute démarche administrative, ils devront voyager près de 40 kilomètres pour gagner le siège de la nouvelle municipalité.

Il n’avait encore jamais été envisagé de supprimer la commune de Pustec dans les projets antérieurs de redécoupage territorial, même en 2004, quand les socialistes étaient au pouvoir, car Pustec est peuplé par une population macédonienne, et qu’un tel acte serait en violation avec toutes les conventions internationales sur les minorités.

La commune de Pustec se compose des villages de Gorna Gorica, Tuminec, Dolna Gorica, Globocheni, Pustec, Shulin, Leska, Zrnosko Cerje. 5.260 Macédoniens y vivent. On ne connait toujours pas les plans du gouvernement albanais en ce qui concerne les communes d’Ostreni, Trebishte et Stebleve dans la région de Golo Brdo, également peuplées par la minorité macédonienne, ni celles de Zapod et Shishtavec, dans la Gora.

Réorganisation territoriale : bras de fer entre majorité et opposition

La question de la réorganisation territoriale du pays fait l’objet d’un véritable bras de fer entre la majorité socialiste et l’opposition démocrate. Les Socialistes ont approuvé la mise en place de la commission parlementaire qui examinera la réforme. L’opposition (démocrate) a boycotté la séance après les débats houleux qui ont suivi la démission de deux députées démocrates de Lezha.

Le Président du Parlement, Ilir Meta, a regretté le retrait de l’opposition en rappelant que sa participation à cette commission paritaire était un droit légal. Il a aussi signalé que l’objet de celle-ci était de définir les critères précis de la division territoriale, l’élaboration et la définition de l’agenda de l’application de la réforme et l’élaboration de la loi sur les modifications apportées à la répartition des communes albanaises.

L’opposition démocrate campe toujours sur ses positions en exigeant des garanties solides sur le consensus politique. Il s’agit « d’une condition non négociable, pas uniquement pour l’opposition, mais aussi pour la cohésion sociale et la stabilité de ce processus fondamental de la division administrative », selon le chef des démocrates et maire de Tirana, Lulzim Basha. Selon lui, la nouvelle division administrative, qui devrait être votée à l’automne 2014, impactera nécessairement les compétences réelles du pouvoir local et des processus électoraux.