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Pillage d’antiquités : la Grèce arrache des restitutions à l’Allemagne

Traduit par Ermal Bubullima
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 5 juin 2014
Mise en ligne : mardi 15 juillet 2014
L’Allemagne a fini par céder en restituant à la Grèce un lot d’antiquités pillées pendant la Seconde Guerre mondiale. Une collection de 8 500 pièces a été rapatriée de Karlsruhe à Athènes. Une première victoire : le ministère grec de la Culture n’en est qu’à ses débuts dans le recensement des objets archéologiques volés par l’occupant allemand.
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Ostraca (Musée d’art cycladique, Athènes)

Il aura fallu trois ans de négociations. 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne a rendu à la Grèce un lot d’antiquités provenant de fouilles menées par des Allemands dans le site néolithique de Thessalie, dans le nord-est de la Grèce. Les pièces se trouvaient au Musée des palafittes d’Unteruhldingen, sur les bords du lac de Constance. Elles ont été rapatriées à Athènes le 21 juin dernier.

L’affaire a débuté en octobre 2011. Quelques mois auparavant, l’archéologue Sir Colin Renfrew, professeur à Cambridge et célèbre pour sa lutte contre le pillage des sites archéologiques, a jeté un pavé dans la mare en demandant à la Grèce le retour des antiquités détenues par le musée allemand.

L’universitaire britannique a dénoncé le « fléau international » de trafic d’antiquités et s’est référé explicitement à la convention de l’UNESCO de 1970, concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels.

Le ministère grec de la Culture a entamé une procédure de rapatriement. Alors qu’il venait juste de déposer une demande officielle, Harald Siebenmorgen, directeur du Badisches Landesmuseum à Karlsruhe, affirmait à la chaîne SWR2 que « la Grèce demand[ait] comme pré-condition d’emprunt des antiquités le retour de deux objets évalués à quatre millions d’euros ». Il a également soutenu que ces antiquités avaient été achetées avec des fonds publics en 1975. Selon lui, la demande grecque ne repose sur aucune base juridique, l’Allemagne ayant signé la convention de l’UNESCO en 1992. Sauf que la convention considère comme illégal le trafic d’antiquités de provenance inconnue à partir de 1970.

Le Badisches Landesmuseum comptait environ 8 500 ostraca, ou supports d’écriture jetables (brouillon, liste de courses, ou « jeton d’ostracisme »), provenant du site de Magoula, près de Velestino, dans le dème de Sparte. La Direction du centre de documentation et de protection des biens culturels en a été informée en 2010 par le responsable scientifique du musée allemand. Une enquête a été ouverte en collaboration avec la Direction des archives nationales des monuments.

Les excavations illégales et les destructions de biens culturels par l’occupant allemand lors de la Seconde Guerre mondiale ont été abondamment documentées par l’archéologue Vasilios Petrakos dans son ouvrage Les antiquités de la Grèce au temps de la guerre de 1940-1944 (1994). Mais ce n’est qu’en février 2013 que le ministère de la Culture grec a commencé à recenser les antiquités détruites ou volées au cours de cette période.