« Petits peuples » et minorités nationales des BalkansDécouvrez notre nouveau cahier |
Comprendre les Balkans.
|
Balkans : la mosaïque brisée. Frontières, territoires et identitésLe nouveau livre de Jean-Arnault Dérens |
Courrier de la planète : Balkans, un avenir européen |
Dans le cadre de l’enquête ouverte en relation avec les responsables et les auteurs du meurtre du Premier ministre Zoran Djindjic, la police de Serbie a interpellé Svetlana Raznatovic [1], « chanteuse ayant sa résidence principale à Belgrade », et « a découvert, à la suite d’une action de force, au domicile de la susdite, au numéro 3 de la rue Ljutica Bogdan, une grande quantité d’armes ».
Par Natasa Bogovic
Svetlana Raznatovic, de son nom de jeune fille Velickovic, est née le 14 juin 1973 dans le village de Zitorad, près de Prokuplije.
Dès l’âge de cinq ans, elle commence à chanter à l’école, et elle connaît son premier succès en 1987, quand elle passe ses vacances d’été avec ses parents sur le littoral monténégrin. Elle chantait dans le jardin d’un hôtel, quand elle a été entendue par le musicien et compositeur Mirko Kodic. Elle enregistre son premier disque à 14 ans. Sa chanson « Fleur de cytise » reçoit le prix du public à Ilidza en 1988. Elle a terminé le lycée agricole, option élevage porcin. Elle a été championne de Yougoslavie de body building en 1983. En enregistrant les années suivantes pour la compagnie PGP, elle vend plus de 350 000 disques, et commence à rejoindre les étoiles. Un bref exil hors du pays a donné matière à beaucoup de cancans, qu’elle a tous démenti.
Une carrière brillante a suivi, avec en apothéose, son spectaculaire mariage avec Zeljko Raznatovic Arkan, en février 1995. Arkan lui avait été présenté à Erdut [2] par le chanteur Oliver Mandic. Le couple a deux enfants, Veljko et Atanasija. Elle devient la muse des supporteurs du club de football Obilic, dont son mari est le président depuis 1988. Elle crée les tubes « Belgrade », « Va, tant que tu es jeune », « Amour fatal », « Jésus », « Mascarade »…
Zeljko Raznatovic est tué le 15 janvier 2000 dans le hall de l’hôtel Intercontinental de Belgrade. On se rappellera que la télévision Pink diffusa alors en boucle, en guise d’hommage, le clip « Jésus, donne-moi un cœur de lion ». Durant un temps, la veuve Raznatovic cessa de se produire en public. C’est pourtant précisément de cette période que date les premières preuves de ses relations avec Milorad Lukovic Legija. En 2001, à l’occasion de l’anniversaire de Svetlana Raznatovic, fêté au club Bojan Stupic, une fusillade éclate, et Legija est interpellé.
Au bout d’un an, elle fait son retour sur scène et enregistre un nouvel album. Le 15 juin dernier, ayant déjà 13 disques à son actif, elle donne un concert spectaculaire à Marakana, qui lui a valu, jusqu’à la semaine dernière, d’être mentionné pour le prix de la meilleure chanteuse de variété de l’année, décerné par la télévision Pink. Elle est la présidente du Fonds humanitaire du Troisième Enfant, qui a pour but d’augmenter la natalité chez les Serbes.
Elle s’est publiquement engagée contre la mise en jugement de Serbes devant le Tribunal de La Haye.
Comme elle l’a elle-même expliqué à de nombreuses reprises, la veuve Raznatovic n’est pas intéressée par la politique, mais elle s’est pourtant engagée dans la dernière campagne présidentielle, en enregistrant un clip de campagne pour son beau-frère Borislav Pelevic, le candidat du Parti de l’unité serbe (SSJ), créé par feu Zeljko Raznatovic Arkan. La veuve Raznatovic considère comme son sportif préféré Dragisa Binic, qui a, lui aussi, été interpellé dans le cadre de l’enquête sur le meurtre du Premier ministre. Elle a récemment séjourné aux USA et en Espagne, où elle était l’hôte de Marija Macic.












