« Petits peuples » et minorités nationales des BalkansDécouvrez notre nouveau cahier |
La question nationale en Europe du Sud-est.Genèse, émergence et développement de l’identité nationale albanaise au Kosovo et en Macédoine |
Balkans : la mosaïque brisée. Frontières, territoires et identitésLe nouveau livre de Jean-Arnault Dérens |
Courrier de la planète : Balkans, un avenir européen |
Polyglotte distingué, l’ambassadeur Miodrag Lekic a survécu à tous les changements politiques que le Monténégro a connu depuis quinze ans. Acceptera-t-il d’être le candidat commun de l’opposition pro-serbe et des indépendantistes de l’Alliance libérale aux prochaines élections présidentielles qui doivent être organisées au Monténégro ?
Par Veseljko Koprivica
Miodrag Lekic, ambassadeur à Rome, fort controversé, de Yougoslavie, et maintenant de l’Union de Serbie et du Monténégro, est à nouveau au centre de l’attention publique au Monténégro. Miodrag Lekic est en effet l’un des possibles candidats à l’élection présidentielle qui doit être, à nouveau, organisée dans la petite république.
Selon les journaux monténégrins, Miodrag attendrait encore l’avis de sa famille et de ses proches collaborateurs avant de se prononcer. S’il donne son accord, Miodrag Lekic serait le candidat commun du Parti socialiste populaire (SNP), du Parti populaire (NS), du Parti populaire serbe (SNS), et peut-être même de l’Alliance libérale (LSCG).
Miodrag Lekic a déjà effectué deux mandats d’ambassadeur à Rome. Sa nomination dans les cadres diplomatiques de la République fédérale de Yougoslavie (SRJ) avait surpris, car il avait alors déclaré qu’il entendait rester en même temps ministre des Affaires étrangères du Monténégro. Malgré cela, il est parti à Rome, où il a effectué deux mandats consécutifs.
Les analystes et les médias se sont souvent demandés, depuis que Miodrag Lekic est à Rome, s’il était un homme de Milosevic ou de Djukanovic. Il a lui-même répondu : "je n’ai jamais été un homme un homme de Milosevic, et les Monténégrins le savent bien. Tant que j’étais ministre des Affaires étrangères du Monténégro, je ne me suis jamais rendu à Belgrade pour consultations, je n’ai jamais vu Milosevic à Belgrade, mais seulement à Genève… Je me rendais plus régulièrement à Podgorica, mais pas très souvent non plus, et deux problèmes se sont cristallisés : j’étais disposé à la coopération avec les autorités monténégrines, et nous avons coopéré, mais je n’approuvais pas toutes leurs méthodes politiques, notamment certaines choses qui se sont produites en Italie, tant et si bien que je ne suis pas plus un homme de Milosevic que de Djukanovic".
Miodrag Lekic est né à Bar en 1947. Il est diplômé de la Faculté des Sciences politiques de Belgrade. Il parle quatre langues étrangères. Avant la révolution antibureaucratique de 1988 (renversement des dirigeants monténégrins par des fidèles de Milosevic, NdT), il était déjà secrétaire d’État du Monténégro à l’Éducation et à la culture, et il est l’un des rares responsables à avoir conservé son poste après le soi-disant "avènement du peuple".
Il s’est vite engagé dans la carrière diplomatique, d’abord au Mozambique et au Lesotho, puis en Italie. Reviendra-t-il bientôt à la maison ? Cela dépend maintenant de sa propre décision, du choix des électeurs, et enfin de son principal concurrent, Filip Vujanovic.
Note de la rédaction : Depuis la parution de cet article, Miodrag Lekic a annoncé qu’il ne serait pas candidat aux élections présidentielles du 11 mai 2003.











