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Danas
Filip Vujanovic : enfin élu !
Traduit par Jean-Arnault Dérens
Publié dans la presse : 13 mai 2003
Mise en ligne : mercredi 14 mai 2003
Sur la Toile

La troisième fois aura été la bonne. Ancien Premier ministre, ancien président du Parlement, Filip Vujanovic a enfin été élu Président du Monténégro, dimanche 11 mai. Ce fidèle de Milo Djukanovic dénonçait autrefois les « cumulards » du Parti socialiste de Serbie.

« Le Monténégro a fait un pas vers l’Europe ». C’est en ces termes, sans mentionner la Serbie, que s’est exprimé le nouveau Président du Monténégro, Filip Vujanovic, dans son discours de victoire. Il a été élu au terme d’une troisième tentative, dans ce manège politico-électoral monténégrin, qui fait aller de la position de Premier ministre à celle de Président de la République, et vice-versa.

Même s’il est né à Belgrade, le 1er septembre 1954, Filip Vujanovic se considère comme un enfant de Niksic, au Monténégro. Son père, Petar, était avocat, et sa mère, Dara, née Mijuskovic, était chirurgienne à l’hôpital de cette ville. Filip Vujanovic a fait ses études secondaires à Niksic, et il achevé des études de droit à l’Université de Belgrade en 1977. Il a commencé sa carrière à Belgrade, comme juriste auprès de la première chambre du tribunal, et conseiller technique auprès du Parquet de Belgrade. En novembre 1980, il est revenu dans la capitale du Monténégro, qui s’appelait alors Titograd, où il a travaillé comme secrétaire du tribunal jusqu’en janvier 1981. Il s’est inscrit au barreau du Monténégro en 1982, devenant le plus jeune avocat du pays. Il a présidé l’association yougoslave pour la psychiatrie pénale et la médecine pénale. Il a été élu en 1989 à la tête de la chambre des avocats du Monténégro, reprenant une fonction occupée par son père. Il s’est intensivement consacré à son métier d’avocat, essentiellement en droit pénal.

Si l’on ne tient pas compte de son adhésion à la Ligue des communistes du Monténégro, qui s’est ultérieurement transformée en Parti démocratique des socialistes (DPS), il a effectué ses premiers pas en politique en défendant Momir Bulatovic, qui était alors Président de la République, et qui avait été attaqué en diffamation par les dirigeants d’opposition Novak Kilibarda et Dragisa Burzan. Momir Bulatovic a su le remercier l’année suivante en le nommant ministre de la Justice, de telle sorte que Filip Vujanovic a mis un terme à sa carrière d’avocat en 1993. En raison de sa défense de Momir Bulatovic, on a longtemps cru qu’il était « un homme de Momo », jusqu’à l’éclatement du DPS. Filip Vujanovic est resté ministre de la Justice jusqu’en 1995, puis a il été à deux reprises ministre de l’Intérieur, en 1996 et en 1998.

Il a été nommé le 5 février 1998 chef du gouvernement intérimaire chargé de préparer les élections législatives anticipées, après que Milo Djukanovic l’ait emporté sur Momir Bulatovic à l’élection présidentielle. Après la victoire du DPS, Filip Vujanovic est resté Premier ministre. Il a été reconduit à cette charge le 21 juillet 2001. Après la signature des accords constitutionnels entre la Serbie et le Monténégro, le gouvernement minoritaire qu’il dirigeait a perdu tout soutien parlementaire, et il a démissionné. Après les élections législatives du 20 octobre 2002, Filip Vujanovic a été élu président du Parlement monténégrin.

Il est intéressant de se rappeler que Filip Vujanovic avait, autrefois, dénoncé les « cumulards » du Parti socialiste de Serbie. Quand Milo Djukanovic a choisi de démissionner de la Présidence de la République, son ami Vujanovic a en effet assumé lui-même les trois plus hautes fonctions de l’État, en étant à la fois Président du Parlement, Premier ministre démissionnaire mais toujours en charge des affaires courantes, et chef de l’État par intérim !

Son épouse Svetlana est juge. Il a trois enfants, Danilo, Tijana et Nina.

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