La 2e Université de la Communication pour le Sud-Est Européen (UNICOM) a été organisée du 12 au 14 juin 2003 à Sarajevo par l’agence Media Plan. Zoran Udovicic, directeur de Media Plan et président du Comité d’organisation de l’UNICOM tire un premier bilan de cette manifestation.
Par Zoran Udovicic
La Deuxième Université de la communication de l’Europe du sud-est s’est tenue à Sarajevo, Bosnie-Herzégovine, du 12 au 14 juin 2003, sous le titre : « Un grand pas en avant ». 210 experts et personnalités publiques, environ 300 visiteurs venant de 21 pays, y ont participé. Cette manifestation s’est déroulée sous le haut patronage du Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine et du ministère des Affaires étrangères français. Quarante débats, tribunes et présentations ont été organisés. Six stands étaient également installés dans l’espace d’exposition. Trois bulletins ont été publiés et une revue exhaustive, « Mémoire », sortira au mois d’octobre 2003. La décision d’organiser éventuellement une troisième Université de la communication sera prise au début du mois d’octobre.
Les préparatifs ont débuté au cours de l’automne 2001. La date définitive de l’Université avait été fixée en janvier 2002, le programme de base envoyé en mars 2002, les invitations préliminaires au mois de mai et octobre 2002 et les invitations officielles en février 2003. En 2002, six missions ont été effectuées dans les pays du sud-est de l’Europe pour stimuler nos différents partenaires et collaborateurs. Un site web a été créé dès janvier 2002 [1]. Nous avons traversé une période de crise en février 2003, période où nous avons noté un certain manque d’intérêt de la part des firmes spécialisées dans l’informatique et la télécommunication, tant dans le pays lui-même que dans le reste du monde (et particulièrement en France). De la part également du secteur public des pays du sud-est de l’Europe (surtout en Bosnie), dont on s’attendait à ce qu’il soit particulièrement intéressé par le thème de cette Université : comment rattraper le retard dans l’application des nouvelles technologies par rapport au monde développé ? Grâce à d’énormes efforts, cette crise a pu être surmontée.
De par sa conception, ses contenus et sa forme, l’Université reste un travail de pionnier dans cette région du monde, toujours grevée par les problèmes de l’après-guerre, la divergence des intérêts et le manque d’enthousiasme pour toute entreprise commune. Il nous faudrait trouver, dans l’ensemble des pays, des partenaires dynamiques, publics, mais surtout privés, et déployer des efforts constants pour que cette idée puisse être entièrement réalisée.
L’idée à la base du programme de l’UNICOM était de pouvoir répondre à la question : les pays en transition de la région sont-ils en mesure de rattraper leur retard sur les autres pays avancés du monde dans le développement de leur société de l’information, c’est-à-dire l’application des nouvelles technologies ? Il a été décidé de diviser le thème principal en quatre grands domaines de la vie et de la société, où l’on espère ou aspire déjà à une révolution de la communication - le secteur public, les affaires, l’éducation et les médias. Ce qui paraît avoir été un bon choix. Il y a eu huit rencontres spécialisées, dix-neuf débats (y compris quatre Carrefours), treize tribunes, neuf éminentes personnalités ont pris la parole au cours des cérémonies d’inauguration et de clôture, six présentateurs avaient leurs propres stands, trois e-performances ont été organisées à l’extérieur des locaux de l’Université à l’intention des citoyens de Sarajevo. Une seule des conférences a due être annulée à la veille de l’ouverture de l’Université. La majorité des intervenants ont répondu à ce que l’on attendait d’eux, il y a pourtant eu quelques problèmes dus aux difficultés rencontrées pour harmoniser les approches et la méthodologie entre des participants originaires de différents pays et issus de milieux parfois peu connus.
L’atmosphère des débats a été meilleure qu’au cours de la première université, mais l’on sent toujours une forte influence de « l’esprit symposium ». Certains modérateurs et animateurs ont eu du mal à maîtriser le temps imparti pour la durée des débats. Le nombre des réunions parallèles n’était pas proportionnel au nombre de participants et donc certaines réunions dont les thèmes étaient pourtant intéressants n’ont pas été suffisamment fréquentées.
L’e-gouvernement et l’e-business restent des thèmes du futur pour de nombreux pays de la région et ce sont avant tout les universitaires qui s’y sont intéressés, beaucoup moins les représentants des États et du monde des affaires. D’une manière générale, le secteur public n’en est qu’au début de la transition vers un service public moderne, responsable devant ses citoyens. L’expérience a montré qu’il valait mieux ne pas trop élargir le nombre de thèmes n’intéressant qu’un nombre de participants relativement restreint, et surtout ne pas les inciter à une sorte de concurrence. La richesse des thèmes et des points de vue exposés ont constitué un véritable puits de science et d’information, et tel est précisément le but de l’Université.
Les formes et schémas de l’Université correspondaient aux standards habituels, la seule nouveauté a été l’introduction d’un atelier au cours de ces trois journées, de deux tables rondes classiques et ouvertes, d’une petite cérémonie (la remise de leurs diplômes à des étudiants journalistes), d’une table ronde sans inscription et ouverte à tous et de deux performances tenues en-dehors des lieux où se tenait l’Université. Aux dires des participants, les cérémonies d’inauguration et de clôture ont été très réussies, mais trop longues. Les cocktails et le dîner d’adieu, les pauses café et rencontres avec les jeunes de RFI, ont été autant d’excellentes opportunités d’établir des contacts et de communiquer. Les réunions trop matinales ne sont pas très appréciées. Le délai imparti pour l’examen de certains thèmes - une heure et quarante-cinq minutes - a parfois empêché le véritable aboutissement du débat. Le concept de base doit être préservé, mais enrichi de nouvelles formes spécifiques, intéressant tout spécialement les visiteurs et participants à Sarajevo même. La présentation de certains contenus en-dehors des locaux de l’Université pourrait même favoriser l’intégration de cette manifestation au milieu où elle se déroule. Il faut tenir compte des spécificités d’une Université organisée dans un milieu urbain important.
Il y a eu 210 participants (Albanie - 3 ; Autriche - 8 ; Belgique - 3 ; Bosnie-Herzégovine - 87 ; Bulgarie - 5 ; République tchèque - 1 ; Estonie - 1 ; France - 25 ; Allemagne - 4 ; Guyane - 1 ; Croatie - 19 ; Kosovo - 3 ; Hongrie - 2 ; Macédoine - 5 ; La Réunion - 1 ; Roumanie - 3 ; Slovénie - 9 ; Serbie-Monténégro - 22 : Suisse - 4 ; Grande-Bretagne - 2 ; Etats-Unis - 2). Environ 300 visiteurs, de Sarajevo et d’ailleurs, ont aussi assisté à certains débats. Le nombre de participants de la région de l’Europe du sud-est est directement proportionnel au degré de coopération à l’intérieur de la région et à la position de la Bosnie au sein de cette région. Le nombre des participants venus de l’Europe de l’Ouest a augmenté par rapport à la première Université, ce qui est important pour le concept même de l’Université - promouvoir un partenariat entre les pays avancés et les pays moins développés. La France a fait preuve d’un véritable intérêt, mais presque exclusivement au niveau des secteurs public, non-gouvernemental et éducatif. (…)
La télévision a semblé plus intéressée par la manifestation que la presse écrite. La cérémonie d’inauguration de l’Université a été largement couverte, tant sur le plan télévisuel que radiophonique. Certains débats et interventions des participants n’ont pas été suffisamment utilisés par les médias à des fins éducatives ou professionnelles. Dix-neuf reportages télévisés sur six chaînes, vingt informations radiophoniques et dix articles ont été diffusés à Sarajevo, Banja Luka et Mostar. Il faudrait lancer en temps voulu une campagne médiatique, étudier la possibilité d’un mécénat de la part des médias. (…)
[1] Voir en ligne : http://www.mediaplan.ba/unicom/bigstep/fra/index.html.













