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Adevarul
Razvan Penescu donne à la culture roumaine pignon sur WebTraduit par Marc-Henri Reboul de Wissner
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 21 avril 2003
Mise en ligne : samedi 1er novembre 2003
Un jeune Roumain très créatif et sachant donner de son temps pour l’amour de l’art a lancé un site Internet d’informations théâtrales, littéraires et musicales : Liternet. Premier du genre en Roumanie, le site tient ses promesses. Agenda, livres en version électronique, atelier de création : Razvan Penescu a mis dans le mille. Et il prouve que les bonnes idées donnent des ailes.
Par Cristina Modreanu Un mathématicien passionné de théâtre : voici une combinaison qui peut générer des résultats vraiment stupéfiants, comme cela s’est produit dans le cas de Razvan Penescu. Il a à peine 30 ans et s’est inscrit dans sa troisième faculté, il travaille dans une société internationale et, durant ses temps libres, il a créé le plus populaire des sites Internet culturels : LiterNet. Après l’avoir personnellement rencontré, je me suis rendu compte que l’initiative culturelle de ce jeune homme - réalisée en collaboration avec quelques partenaires nationaux, comme il tient à le rappeler - pourrait être l’illustration parfaite de cette rubrique, « l’Art à son propre compte ». Si des « sujets » de nos précédents reportages faisaient des efforts pour obtenir des fonds publics ou convaincre des sponsors de financer des projets culturels, Razvan Penescu a créé LiterNet avec ses propres deniers et l’a fait grandir mois après mois, utilisant pour cela non seulement de l’argent - les coûts de connexion à Internet, l’entretien de l’ordinateur, les licences de logiciels, etc. – mais aussi, comme nous le disions, ses temps libres. Tout cela pour créer une interface – aussi nécessaire qu’absente dans la société roumaine - entre créateurs d’événements culturels le public potentiellement intéressé par ces derniers. « Travaillant dans une grande société comme il y en a tant en Roumanie, je me suis rendu compte qu’il existe un grand nombre de potentiels consommateurs d’événements culturels, qui n’y arrivent pas en raison d’un manque d’informations. Mes collègues travaillent énormément, ils n’ont pas le temps de s’intéresser aux spectacles, ni d’acheter des billets, ils n’ont pas le temps de faire les librairies. En revanche, ils ont tous un ordinateur sur le bureau ». Tout a commencé plus simplement qu’on ne le pense : « Etant passionné de théâtre, j’étais le mieux informé d’entre eux, alors je leur envoyais des mails avec le programme des théâtres. Un jour, j’ai pensé que si eux étaient intéressés par ce type d’informations, il devait y avoir d’autres personnes dans le même cas. L’étape suivante a été la création du site lui-même ». LiterNet a évolué sur le « principe du prince charmant », et seulement un an et demi après sa création, en plus des informations usuelles, des chroniques de spectacles ont fait leur apparition (…) l’Atelier Littéraire est né avec 16 rubriques mises à jour toutes les semaines et, en plus, pas moins de 45 livres ont été mis en ligne. Chaque titre combine l’écrit à l’œuvre d’un peintre ou avec une proposition photographique. « Les livres de LiterNet sont un retour aux livres de l’Antiquité dans lesquels l’histoire écrite était accompagnée d’une histoire visuelle, incrustée en marge », explique Penescu. On compte à ce jour plus de 50 000 livres téléchargés, mais le créateur du site ne considère pas que cela constitue une concurrence pour l’imprimé : « les versions électroniques ont un grand succès, mais les livres imprimés continuent de se vendre, nous ne sommes pas une concurrence. Les gens les cherchent sur Internet pour s’informer et les plus jeunes qui naviguent toute la journée découvrent de cette manière qu’il existe aussi des livres. De toute manière, tous préfèrent lire les livres dans leur format classique, beaucoup d’éditeurs l’ont déjà compris et font leur promotion sur Internet. Malheureusement, les théâtres n’en sont pas encore arrivés à la même conclusion. Il pourraient vendre les billets par Internet ou créer un système de réservation. Qui ne veut pas évoluer n’évolue pas mais dans quelques années, ils se rendront compte que l’on ne peut pas faire autrement. Je ne dis pas qu’il est obligatoire d’utiliser un ordinateur, mais je crois qu’on ne peut plus non plus se vanter de ne pas y toucher, comme j’en entend quelques-uns le dire. Ce n’est pas normal de nos jours. » Pendant qu’il me parle avec passion du prochain projet - une collection de pièces de théâtre - je ne peux m’abstenir de lui demander quelle satisfaction personnelle il retire de son travail, puisque le profit matériel est dès le départ exclu. « Pour moi, la vraie satisfaction est que chaque jour 600 à 700 personnes ont besoin de ce site. En plus, nous faisons la preuve que l’on peut être créatif et utile sans l’aide des autres. C’est vrai, ça ne peut se faire qu’avec passion, pour la joie de travailler avec les gens ». |
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