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Pour comprendre la flambée de violence au KosovoEquipes de paix dans les Balkans
Mise en ligne : mercredi 26 mai 2004
Communiqué de presse Pour comprendre la flambée de violence au Kosovo « De la non-violence en politique, le cas du Kosovo », c’est le titre d’un livre en cours de rédaction. Ce titre n’a pas pour but de provoquer, mais d’interpeller sur ce qui s’est passé dans cette région depuis vingt ans. Pour éviter une véritable catastrophe humanitaire, l’ONU et l’OTAN firent pression sur le pouvoir serbe. Ils obtinrent un cessez-le-feu qu’une force civile de paix organisée par l’OSCE fut chargée de vérifier. Celle-ci, arrivée trop tard, ne put empêcher la reprise de l’épuration ethnique au printemps 1999. Pour la juguler, l’OTAN entrepris alors une guerre aérienne peu efficace, puisqu’en mai 1999, le Haut Commissariat aux réfugiés annonçait que 716 000 Albanais avaient été expulsés du Kosovo suite aux actions menées pendant ce temps par les forces serbes, près de 200 000 autres étaient partis avant les frappes. Suite aux frappes sur la Serbie un accord de paix fut obtenu. Accord concrétisé par la résolution 1244 du 10 juin 1999 qui stipulait, entre autre, que le Kosovo jouirait d’une large autonomie dans le cadre de la Fédération yougoslave (Serbie Monténégro) et qui chargeait l’Europe de gérer la question pour l’ONU. Depuis cinq ans, un travail assidu et de qualité a été fait par les organisations internationales et les ONGs, afin de normaliser la situation. Pour ne citer que notre petit exemple, Equipes de paix dans les Balkans a développé des relations de coopérations entre les Serbes et les Albanais de Mitrovica, en particulier dans les écoles et avec les groupes de femmes ; une ONG multiethnique et un site sur la non-violence ont été lancés. A Gjilan, l’Agence Locale pour la Démocratie avec laquelle nous travaillons, avait participé à la création d’un climat de confiance entre les Albanais et les Serbes, aujourd’hui, les maisons de ces derniers brûlent. Une grande partie du patient travail de fond risque d’être anéanti en quelques heures. Malheureusement, il n’y a pas eu au Kosovo de commission « vérité réconciliation », ce qui, comme dans d’autres pays, aurait permis en parallèle avec le Tribunal Pénal International de réduire les tensions entre communautés, de faire progresser la justice et la réconciliation. Mais la question fondamentale est celle du statut du Kosovo qui n’a pas avancé substantiellement depuis cinq ans. Elle aurait été très facile à résoudre il y a dix ans, avant Dayton ; facile à résoudre, il y a trois ans, si les autorités internationales avaient été fermes dans l’application de la résolution 1244 au nord du Kosovo, au lieu d’y laisser Belgrade y mettre le désordre, difficile à résoudre maintenant. Pierre Dufour |
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