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Srebrenica : Appel à soutien à la demande de réparation des survivants
Guernica ADPE
Mise en ligne : jeudi 21 octobre 2004

Nous lançons cet appel pour soutenir la démarche initiée par des survivants du massacre de Srebrenica afin d’obtenir la reconnaissance des responsabilités et les indemnisations indispensables à leur survie.

Ceux des survivants des massacres qui sont dispersés dans le monde n’ont pas reçu d’aide particulière pour reconstruire leur vie. Ils vivent dans des conditions précaires et quelquefois en situation irrégulière.

Des femmes vivent en Bosnie-Herzégovine dans des camps avec leurs enfants et risquent d’en être délogées dans un avenir proche. Elles survivent dans une pauvreté extrême, recherchant les corps de leur mari, frère, père, enfant.

Nous souhaitons développer le réseau d’associations et d’individus existant pour soutenir leur démarche qui ne pourra avoir du poids que si elle est appuyée par le plus grand nombre.

Les survivants ont donc envoyé, le 12 juillet 2004, une demande d’indemnisation, à titre amiable, à l’Organisation des Nations Unies. En cas d’échec ou de silence gardé par l’organisation pendant deux mois, une juridiction française de l’ordre administratif sera saisie du dossier.

Les requérants, qui ont mandaté une avocate française, sont des survivants du massacre perpétré, à compter du 11 juillet 1995, à l’encontre des habitants de Srebrenica. Ce crime est sans précédent et concerne l’ONU parce que l’enclave de Srebrenica avait été déclarée zone de sécurité par le Conseil de Sécurité depuis plus de deux ans au moment des faits. Pour cette raison, la population avait été désarmée et était sous la protection de l’ONU.

Or, non seulement l’ONU ne l’a pas protégée mais l’a littéralement livrée, sans véritable défense, aux attaquants serbes dont les avancées et le déploiement de forces dans la région étaient constatés par tout un chacun depuis plusieurs mois.

L’examen des faits démontre que l’inaction de certains représentants de l’ONU, qui ont refusé de faire appel aux forces aériennes de l’OTAN dans les heures précédant la chute de la ville, malgré l’agression des forces onusiennes sur le terrain, a représenté, au profit de « l’agresseur » serbe, une véritable permission de massacrer.

Peut être ces personnes se sentaient-elles plus associées aux ordres de leurs Etats respectifs qu’à ceux de l’ONU et du Conseil de Sécurité ? C’est cependant l’ONU, en tant qu’organisation internationale, qui reste en droit le sujet devant répondre des actes et manquements de ses représentants.

Il ne s’agit pas ici d’attaquer l’ONU en tant qu’institution mais de la mettre devant ses responsabilités (cf. Rapport de Kofi Annan) ainsi que celles de ses membres.

En France, ainsi que dans les pays les plus impliqués à l’époque des faits, c’est à dire l’Angleterre, les Pays-Bas, les Etats Unis, mais aussi en Suisse où se trouvent de nombreux survivants réfugiés, la tâche consiste, autour du débat judiciaire que ne manquera pas de soulever une telle initiative, à interpeller les médias ainsi que l’opinion publique.

Elle consiste aussi à provoquer un débat sur la politique étrangère appliquée, depuis des années, en Bosnie-Herzégovine et plus largement (de par l’imbrication des problématiques régionales) en ex-Yougoslavie.
Cette logique se doit de faire ressortir des questions qui restent en suspens, malgré le travail mené par la mission d’information parlementaire qui a remis son rapport en novembre 2001, et qui sont autant de rumeurs insoutenables pour les survivants en quête de vérité (les négociations, en juin 1995, ayant permis la libération des casques bleus français pris en otage, avaient-elles pour contrepartie une promesse de non utilisation des frappes aériennes ?).

Devant l’ampleur et la nature du massacre, qualifié de génocide le 19 avril dernier par le TPIY, il reste important d’insister sur la demande d’arrestation des principaux protagonistes, à savoir R. Karadzic et R. Mladic, dont la liberté, neuf ans après les faits, reste intolérable pour les survivants en quête de justice.

Les enjeux sont donc à travers l’aspect juridique de dédommager les victimes et d’aborder les aspects précédemment mentionnés par une action associative en réseau. Cela permettra notamment, à ceux qui retournent dans la région de Srebrenica, de rebâtir leur foyer et de créer des conditions de vie et de travail décentes.

Associations et citoyens signataires :
Guernica ADPE, Europe Alternative, Enfants Europe Bosnie, Association des survivant(e)s de la Drina-Srebrenica (Suisse), R.A.I. (Espagne), Paul Garde (Professeur émérite de l’université de Provence, auteur de Vie et mort de la Yousgoslavie), Renéo Lukic (professeur titulaire de relations internationales au Département d’histoire de l’Université Laval (Québec, Canada), auteur de « L’agonie yougoslave »), Jean-Franklin Narot-Narodetski (Psychanalyste, ancien membre du service de psychiatrie de l’hôpital Kosevo (Sarajevo), auteur de « Nuits srebes et brouillards occidentaux »).

Pour signer la pétition

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