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Entre autres actions concernant la Macédoine, Amnesty International s’inquiète tout particulièrement du sort de 3 « disparus » :
M. Sultan Memeti « disparu » dans la nuit du 6 mai 2001.Il pourrait avoir été arrêté près de Struga par des hommes revêtus d’uniformes policiers.
M. Hajredin Halimi « disparu » le 7 août 2001. Arrêté avec d’autres personnes de sa famille, il n’est pas ressorti du poste de police de Gazi Baba à Skopje.
M. Ruzhdi Veliu « disparu » le 20 août 2001. Il aurait été arrêté à un poste de contrôle établi à Izvor par des réservistes de la police utilisant des voitures banalisées.
Ces personnes ont « disparu » en 2001, quand le conflit qui opposait un groupe armé albanais - l’Armée de libération nationale ou UCK - et les forces de sécurité macédoniennes a mené le pays au bord de la guerre civile avant l’accord conclu en août à Ohrid. Le gouvernement macédonien a étiqueté l’UCK comme « terroristes » et « agents infiltrés du Kosovo » recherchant des conquêtes territoriales, et s’est efforcé de la vaincre militairement. Durant ce conflit, les deux parties commirent des violations des droits humains et des maltraitances : les autorités macédoniennes arrêtèrent arbitrairement, et auraient dans certains cas torturé, des membres du groupe ethnique albanais, tandis que l’UCK, qui avait d’abord pris pour cible la police et l’armée, enleva et maltraita des civils et chassa de leurs maisons des Macédoniens de souche dans une tentative manifeste de « nettoyage ethnique ».
Le Tribunal International pour l’Ex-République yougoslave de Macédoine (ICTY) ayant décidé qu’il relevait de sa seule compétence de juger les crimes commis par l’UCK contre des citoyens macédoniens, Amnesty International s’inquiète du sort de MM. Memeti, Halimi et Veliu, membres du groupe ethnique albanais, dont la « disparition » serait due aux forces de sécurité macédoniennes.
Ces cas ont été confiés au groupe 280 qui intervient auprès des autorités macédoniennes pour leur demander de créer une commission d’enquête publique et indépendante sur ces « disparitions », de faire traduire en justice les personnes qui s’en sont rendues coupables et d’accorder de justes indemnisations aux victimes et à leurs familles.
Remarque de terminologie :
On parle de « disparition » quand une personne est arrêtée, détenue ou enlevée contre son gré ou privée de toute liberté par des officiels de différentes branches de gouvernement, ou par des groupes organisés ou des individus agissant au nom, ou avec le soutien, direct ou indirect, le consentement ou l’approbation du gouvernement, et que cet événement est suivi d’un refus de révéler le sort ou le lieu de détention de la personne en question, ou du refus d’admettre sa privation de liberté, plaçant ainsi la personne hors de la protection de la loi.
(Extrait du Préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées).











