Une conférence, organisée par le Comité Helsinki pour les droits de la personne de Serbie, a réuni les 13 et 14 juin à l’hôtel Grand de Pristina, des dirigeants politiques et des représentants des sociétés civiles de Serbie et Kosovo. Il s’agit de la première initiative de ce type depuis la fin des années 1990. Nous publions intégralement la résolution adoptée par les participants.
La délégation serbe comprenait notamment Sonja Biserko, présidente du Comité Helsinki, les ancienss vice-Premiers ministres Cedomir Jovanovic et Zarko Korac, la députée Natasa Micic, ancien Présidente de la République par intérim, l’historienne Latinka Perovic, le philosophe Obrad Savic.
La délégation albanaise comprenait notamment Azem Vllasi, Gazmend Pula, Kaqusha Jashari, Shkelzën Maliqi, Adem Demaci. De nombreux responsables de premier plan ont pris part aux travaux : le Premier ministre Bajram Kosumi, le général Agim Ceku, commandant du Corps de protection du Kosovo (TMK), Hashim Thaçi, président du Parti démocratique du Kosovo (PDK).
La conférence a été ouverte par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Soren Jessen-Petersen. La dimension régionale de la rencontre a été soulignée par la présence de Vesna Pusic, vice-Présidente du Parlement de Croatie, et de Miodrag Vlahovic, ministre des Affaires étrangères du Monténégro. J.A.D.
Les participants à la conférence « Le futur statut du Kosovo » qui se sont réunis à Pristina les 13 et 14 juin 2005, à l’invitation du Comité Helsinki pour les droits de la personne de Serbie
conscients que la poursuite du status quo au Kosovo est non seulement impossible, mais contreproductive, aussi bien pour le Kosovo et la Serbie que pour toute la région ;
ayant en vue que tous les acteurs internationaux importants, notamment le Groupe de contact, estiment que la résolution du statut du Kosovo est une des priorités de l’agenda international, et que 2005 doit être l’année du Kosovo,
partant du fait que le groupe de contact a déjà défini le cadre des négociations sur le statut du Kosovo, qui doit garantir la sécurité et la stabilité de la région et ouvrir la voie au rapprochement, puis à l’intégration européenne des Balkans occidentaux,
conscients que cet engagement de la communauté internationale et ces circonstances favorables ne doivent pas être perdus ;
- convaincus qu’il s’agit de la dernière chance pour que tous les acteurs politiques de la région montrent leur responsabilité politique, leur constructivité et leur véritable engagement en faveur des véritables intérêts des peuples et des citoyens qu’ils représentent
adoptent la suivante
Déclaration
par laquelle
ils appellent Belgrade et Pristina, comme les deux parties les plus impliquées, à démontrer dans la pratique le maximum de bonne volonté pour le dialogue bilatéral et une pleine coopération avec les représentants de la communauté internationale ;
ils demandent à tous les acteurs politiques des deux camps à reconnaître la réalité du Kosovo comme point de départ pour les discussions, en ayant en vue les intérêts légitimes des Serbes, des Albanais et de sautres communautés du Kosovo ;
ils insistent sur le respect et la pleine application des documents et des standards internationaux qui concernent le respect des droits de la personne et des minorités ;
ils appellent les autorités de Belgrade à ne pas empêcher les représentants des Serbes du Kosovo à agir de manière autonome, dans le plus grand intérêt de la défense des droits de la personne et des droits de la minorité serbe au Kosovo ;
ils appellent les institutions provisoires du Kosovo à montrer précisément sur la question de la défense de toutes les communautés minoritaires leur engagement en faveur de la construction d’un Kosovo démocratique, prospère et européen ;
ils appellent à une résolution du statut du Kosovo qui se base sur la multiethnicité et le plein respect des droits de la personne, y compris le droit des réfugiés et des déplacés à revenir en pleine sécurité dans leurs foyers ; qui offre des garanties constitutionnelles satisfaisantes pour la protection des minorités, y compris des mécanismes pour leur association à la vie politique ; qui engage le gouvernement central et les structures administratives locales dans un processus de décentralisation qui facilite la vie commune des différentes communautés ; qui inclue des garanties particulières pour la protection des monuments historiques et culturels et promeuve des mécanismes efficaces pour la lutte contre le crime organisé.












