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Mardi 19 avril
L’Albanie entre Partenariat pour la Paix et intégration à l’Union Européenne
Compte-rendu de JP Petit
Mise en ligne : jeudi 16 juin 2005

Le mardi 19 avril, l’IPSE, en collaboration avec le Courrier des Balkans, organisait une conférence sur la situation politique de l’Albanie. A cette occasion, S.E.M. Ferit HOXHA, l’ambassadeur d’Albanie en France, nous a donné un aperçu de ses convictions, de ses doutes et de ses espoirs.

Une histoire difficile et des rendez-vous manqués avec l’UE

L‘Albanie a toujours eu une histoire « difficile » a affirmé l’ambassadeur HOXHA qui n’a, à aucun moment, cherché à la rendre moins sombre qu’elle n’a été. Le pays a été occupé par les Ottomans pendant plus de cinq siècles avant de traverser, dans de dures conditions, le dernier d’entre eux, le XX°, où il a connu un isolement sans précédent après les ruptures avec l’URSS en 1961 puis avec la Chine en 1977. Un tel passé ne peut que laisser de durables traces d’aliénation, d’abrutissement dogmatique, de paranoïa (les mots ont été prononcés). Un tel passé a forcément une incidence sur la réelle connaissance et la pratique que peuvent avoir les Albanais de la liberté ! Et dans ce contexte, on comprendra aisément que les premières relations avec l’Union Européenne aient eu pour objectif la fourniture d’une aide humanitaire (c’était au début des années 90) ... On comprendra aussi que les négociations que l’UE avait engagées avec l’Albanie en vue de la signature d’un accord de coopération (1992) n’aient pu se concrétiser en raison d’une certaine irresponsabilité politique prévalant dans cet Etat (à l’instar de l’affaire des Pyramides en 1996. En effet, l’année 1996 est marquée par un taux de croissance la plus forte d’Europe - grâce notamment aux trafics en tous genres, au blanchiment d’argent sale et, surtout, à l’essor factice de pyramides dont l’écroulement a mené le pays au bord de la guerre civile). Dès lors, comme le dit l’Ambassadeur, « l’Albanie rejoint les Balkans » !

Une route qui reste longue

L’Albanie est un pays qui s’est montré actif en matière de coopération régionale où il a soutenu les initiatives qui ont pu naître dans les années 1990-2000. La constitution albanaise (1998) remplit le critère de conditionnalité politique attendu conformément au document de Copenhague ... La pratique électorale devrait, elle, être validée lors des élections de juillet 2005 qui seront un test !

Le chemin semble par contre plus long dans le domaine de la conditionnalité économique où l’économie informelle demeure encore relativement forte !

Un développement, en fin de compte, sur la bonne voie et donc un espoir !

En fin de compte, au delà de difficultés qui demeurent bien réelles, qu’elles soient liées ou non au passé récent du pays, la démocratie progresse en Albanie en même temps que l’économie informelle recule, faisant naître un réel espoir de voir l’Albanie rejoindre une Union européenne élargie dans un avenir proche. La « question du Kosovo » reste cependant une épine qui, selon l’Ambassadeur, ne devrait pas gêner les relations régionales de bon voisinage, ni celles avec l’Union Européenne en ce sens qu’elle doit être traitée distinctement de celle de l’Albanie .... La façon dont l’Albanie gérera à court terme la question du Kosovo semble en effet déterminante sur l’avenir de ses relations avec l’UE. Gageons que la population albanaise en est pleinement consciente et que les responsables politiques se montrent totalement responsables !

Des perspectives euro-atlantiques et balkaniques L’Ambassadeur Hoxha termine son propos en dressant quelques pistes liées au développement des échanges économiques, sociaux et culturels en relation avec la place prégnante et historique de la francophonie dans l’espace albanais. Sans langue de bois, il explique que la stabilité régionale dépend encore des 20 000 soldats des forces multinationales, qu’elles soient sous commandement européen ou sous mandat de l’OTAN (Kfor au Kosovo, Sfor en Bosnie). Il convient de comprendre combien sont intimement liés le désir d’Europe et le besoin de sécurité, justifiant ainsi un lien euro atlantique fort comme en témoignent les conclusions du récent rapport de la Commission sur l’avenir des Balkans présidée par l’ancien Président du Conseil italien Giuliano AMATO.

En guise de conclusion, l’Ambassadeur HOXHA rappelle combien il importe de ne pas balkaniser davantage l’Europe du Sud-Est qui a toute sa place dans l’Europe élargie. Pour y parvenir, il faut aider l’Albanie à surmonter les nombreuses difficultés évoquées en toute transparence.

Remerciements :

L’IPSE, l’ERID - Association d’Etude en Relations Internationales et Défense - et le ‘’Courrier des Balkans’’ remercient très chaleureusement l’Ambassadeur d’Albanie en France, M. Ferit HOXHA, pour la conférence-débat qu’il a bien voulu animer le 19 avril dernier au profit de leurs invités.

Nos remerciements vont également à Madame Laurence de RICHEMONT qui a bien voulu nous accueillir dans les locaux de la Représentation de la Commission Européenne en France au nom de Monsieur Yves GAZZO, Chef de la Représentation de la Commission européenne à Paris, empêché, et à Monsieur Philippe LAURETTE, Président d’Europe et Entreprises qui avait accepté de prononcer quelques mots d’introduction et de mise en perspective à la conférence.

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