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Belgrade : alerte à la bombe dans les locaux de B92

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 15 juillet 2005
Mise en ligne : mercredi 20 juillet 2005
Une personne non identifiée a appelé B92 vers 23H35, le jeudi 14 juillet, pour dire qu’un engin allait exploser d’ici une heure. La soi-disant campagne anti-serbe de la station était la cause de la pose de la bombe.

Le personnel de B92 a aussitôt alerté la police et le bâtiment a été évacué. Après examen des locaux par une unité spéciale de la police qui a déclaré qu’il s’agissait d’un canular, les employés sont retournés à leurs postes de travail.

Cette alerte était la deuxième en trois jours, ce qui n’est que la suite des menaces quotidiennes que reçoit B92, en particulier par Internet, ces dernières semaines.

Le jour même, au lieu de débattre sur les amendements à apporter à la loi sur l’information publique au cours d’une séance parlementaire, une série d’accusations et d’insultes ont été prononcées à l’encontre de la station RTV B92 et de son rédacteur en chef Veran Matic et d’organisations non gouvernementales. Après les débats, le nombre des appels injurieux et menaçants s’est intensifié pour culminer avec l’appel téléphonique.

Le Parti Démocratique, l’Alliance civique de Serbie, le GSS, la Fraction démocratique libérale (LDF) et plusieurs ONG ont demandé aux autorités de trouver rapidement qui se cachait sous cette fausse alerte à la bombe, de punir les coupables et tous ont dénoncé des méthodes inacceptables dans une société démocratique. Les médias ont le droit de faire leur travail et de parler ouvertement du passé. La LDFa déclaré : « nous devons affronter ceux qui voudraient revenir en arrière, au temps des années 1990, la Serbie ne fera jamais partie de la famille des sociétés modernes si elle n’abandonne pas sa politique du passé ».

B92 a indiqué que les menaces s’étaient amplifiées après la projection de la cassette vidéo montrant l’exécution de six musulmans à Srebrenica et l’annonce par Natasa Kandic, directrice du Centre pour le droit humanitaire, qu’elle informerait le public, après vérification, sur la participation de Tomislav Nikolic, vice-président du Parti radical, aux tueries d’Antin en 1991.

B92 a demande aux autorités de permettre aux journalistes de collecter et de publier toutes les informations afin de faire leur métier. Selon la loi sur l’information publique, nul n’a le droit de limiter, directement ou indirectement, la liberté de la presse et d’expression, ni d’exercer des pressions d’aucune sorte sur le personnel et le public des médias. Ces méthodes mettent en danger le développement démocratique de la société.

L’Association Indépendante des Journalistes Serbes (NUNS) a demandé aux autorités gouvernementales de prendre cette question au sérieux et de trouver ceux qui se cachent derrière les menaces à l’encontre de B92

« La raison de ces menaces est soi-disant la ligne éditoriale de B92, ce qui montre que le métier de journaliste est toujours à haut risque en Serbie ». Le NUNS appelle tous les confrères à montrer leur solidarité envers B92 et à défendre la station.

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