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Fidel Ylli : un homme d’affaires qui réussit en Albanie
Traduit par Mandi Gueguen
Publié dans la presse : 15 mai 2006
Mise en ligne : dimanche 28 mai 2006
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L’Albanie peut aussi se vanter de ses hommes d’affaires qui réussissent, comme Fidel Ylli. En 1986, diplômé de l’Académie des Sports, il ne soupçonnait guère l’avenir brillant qui l’attendait, ni que sa vie sportive se déroulerait dans le monde des affaires. Il n’y pensait pas non plus en devenant le chef du groupe d’accompagnement du Premier ministre Aleksander Meksi.

Par Elona Gusmari

Son chemin a bifurqué sous l’impulsion de ses amis. Comme bien d’autres Albanais, Fidel Ylli a compris l’intérêt de rester loin des « intrigues » politiques, pour gagner son indépendance et pour fonder un nouveau type de commerce. « Jamais je n’avais pensé devenir homme d’affaires. Tout a été un hasard », affirme-t-il. Le hasard est roi sans doute, mais pour Fidel Ylli, le monde tourne autour de sa propre personne. Avec lui, « on ne travaille pas pour vivre, mais on vit pour travailler ». C’est son leitmotiv depuis douze années de vie dans le monde des affaires.

L’Albanie manque d’espace pour des investissements

Le bar West a été le début de sa vie commerciale. Ce petit bar allait vite devenir le point de rencontre des journalistes, des artistes mais aussi d’hommes d’affaires confirmés et d’hommes politiques. Fidel Ylli considère qu’un management judicieux et des investissements considérables constituent la clé du succès. Le premier pas était réussi, aussi s’empressa-t-il à poursuivre en devenant entrepreneur et en élargissant son activité à un nouveau bar, nommé Averna.

Mais il ne s’en tint pas là. Très vite, il comprit que l’Albanie offrait un créneau porteur, celui de l’immobilier. C’est, d’ailleurs, la construction immobilière qui assure aujourd’hui le plus de revenus pour l’État et qui pousse la croissance économique du pays. En 1995, Fidel Ylli crée la société AlbInert et, en 1998, avec Behar Male, la société TID (Tirana International Development).

Malgré l’importance que représente le secteur de la construction, l’Albanie manque d’espace pour les investissements. « L’environnement est compact et peu propice à attirer les hommes d’affaires. La mentalité courante ne voit pas les hommes d’affaires comme des partenaires, qui créent des emplois, paient des impôts et remplissent les caisses de l’État », affirme Ylli.

Selon lui, les hommes d’affaires doivent s’organiser, créer des groupes de pression, de manière à ce que chaque loi qui passe au Parlement ait été discutée et approuvée au préalable par les lobbies concernés. C’est par ailleurs une pratique fort répandue dans d’autres pays, et l’Albanie devrait aussi l’appliquer tôt ou tard. « Les entrepreneurs ont un rôle fondamental dans un État démocratique. Comme dans tous les pays du monde, il y a aussi en Albanie des personnes qui jouent le jeu en respectant les règles, même si certains veulent pénétrer le marché en déjouant les contraintes que représentent les taxes et les impôts. Cela ne doit toutefois pas pénaliser la majorité qui travaille de manière très correcte ».

Pour Fidel Ylli, l’entrepreneuriat en Albanie est comme un jeu de hasard, une fois qu’on entre dans le jeu, on a du mal à en sortir, soit par envie de gagner de l’argent, soit parce que l’engagement est très important à l’égard des employés et leurs familles. « Lorsqu’on a pris cette direction, nous étions conscient que le chemin était long et difficile. L’affaire se porte bien pour le moment. Cela demande une grosse responsabilité et des règles clairement définies », affirme Fidel Ylli.

Difficile de parler chiffres

Les chiffres ! Difficile de faire parler un homme d’affaires de chiffres d’affaires, de son nombre d’employés, par exemple. On parle peu de ces choses-là. Interrogé directement, Fidel Ylli répond par une expression de George Soros : « L’homme d’affaires n’est pas celui qui a de l’argent, mais celui qui est riche en œuvres et qui investit ».

Ainsi, Fidel Ylli construit son affaire, en réinvestissant ses profits. Depuis 1998, sa société TID a réalisé la construction d’un ensemble de 110 et un autre de 175 appartements. Actuellement, cette société est actionnaire à 60 % du projet des Tours Jumelles, en construction à Tirana. En 2002, la société a étendu son activité à la côte maritime avec un nouveau projet de construction d’un complexe d’habitations à Golem, près de Durres, appelé « Miami Beach ». L’année dernière, la même société a rouvert le bar West, et d’autres restaurants.

Le succès de cet homme d’affaires dépend aussi de la trajectoire que suivra l’entrepreneuriat immobilier. Pour cela, le soutien du gouvernement compte considérablement, tout comme l’équité et la transparence dans les affaires ainsi que le respect des règles du jeu par tout le monde.

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