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Danas
Joachim Ruecker, nouveau et dernier chef des Nations Unies au Kosovo
Traduit par Jean-Arnault Dérens
Publié dans la presse : 16 août 2006
Mise en ligne : mercredi 16 août 2006
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Après deux mois d’incertitudes, depuis la démission de Soren Jessen-Petersen, Kofi Anan a finalement nommé Joachim Ruecker à la tête de la MINUK. Ce diplomate allemand était depuis février 2005 le chef du département du développement économique de la MINUK, géré par l’Union européenne. À ce titre, il s’était beaucoup engagé sur le dossier contesté des privatisations.

Par Jelena Tasic

Si l’on ne compte pas le défunt Sergio de Mello, qui a rapidement été chef provisoire de la MINUK en juin 1999, Joachim Ruecker est le sixième chef de celle-ci, et le deuxième Allemand à occuper cette charge, après Michael Steiner.

Il devrait prendre officiellement ses fonctions le 1er septembre, et l’on saura si sa nomination va modifier l’ordre d’alternance à la tête de la KFOR, dont il était prévu que le prochain général en chef soit un Allemand. Cette double direction allemande, civile et militaire, sur le Kosovo serait une première.

Les premières réactions des Albanais du Kosovo soulignent que Joachim Ruecker est « l’homme qu’il faut au bon moment », et « la meilleure solution », tandis que les Serbes estiment que « le soleil, une fois de plus, ne se lève pas pour eux ». Ils rendent Ruecker responsable des privatisations illégales au Kosovo et Metohija, pour lesquelles Belgrade à saisi la Cour internationale de Strasbourg. Ils ne lui ont pas non plus pardonné les problèmes de courant électrique dans les enclaves serbes.

Indépendamment des visions divergentes des Serbes et des Albanais, Joachim Ruecker est un diplomate ayant une expérience du Kosovo, dont le mandat commence juste avant la phase finale des discussions sur le statut. Parmi ses priorités, le nouveau chef de la MINUK a lui-même évoqué les discussions de Vienne et la préparation de la fin de la mission, confirmant l’idée qu’il avait été nommé pour « éteindre les feux » au sein de celle-ci, avant que le dossier du Kosovo ne soit tranféré à l’Union européenne.

Joachim Ruecker est né en 1951 dans le Bade-Wutenberg. Il a étudié en Allemagne et aux USA. Il a soutenu une thèse d’économie à l’Université de Freibourg. Sa carrière diplomatique l’a mené à Detroit, Dar Es Salam et Vienne. Il a ensuite été conseiller du groupe parlementaire social-démocrate au Bundestag, puis maire de la ville de Sindelgigen de 1993 à 2001.

Son expérience balkanique a commencé en 2001 à Sarajevo, où il a été envoyé comme ambassadeur et Haut représentant de l’Union européenne pour l’administration et les finances. Il est ensuite revenu à Berlin, où il a été responsable du budget et des finances au sein du ministère allemand des Affaires étrangères. Il est arrivé au Kosovo en février 2005, comme représentant spécial de l’UE à la tête du département économique de la MINUK, ce qui l’a également amené à assumer la charge du président du Conseil de la Kosovo Trust Agency (KTA), l’Agence chargée de mener les privatisations.

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