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Matthieu Dhennin
Le lexique subjectif d’Emir KusturicaLausanne, L’Âge d’Homme, 2006, 133 pages, 19 euros
Mise en ligne : mardi 28 novembre 2006
Sous forme de lexique, ce « portrait à multiples entrées d’un réalisateur » se décline en trois livres.
Livre rouge - sources balkaniques Livre blanc - sources diverses Le lexique fait le tour, de manière intelligente, complète et posée, de l’univers kusturicien, depuis la musique, le monde rrom, le football (Diego Maradona) et les admirations cinéphiliques, pas toujours payées de retour, comme dans le cas de Francis-Ford Coppola. Dans les références musicales, des entrées sont ainsi consacrées à Guca, au Kocanski Orkestar, ainsi, bien sûr, qu’au No Smoking Orchestra. Le livre ne fait l’impasse sur aucun sujet qui fâche, évoquant les ennemis déclarés du cinéaste, d’Andrej Nikolaidis à Alain Finkielkraut (auteur d’un fameuse et virulente critique d’Underground dans Le Monde, alors qu’il n’avait pas vu le film), mais aussi les amitiés rompues, d’Abdulah Sidran à Goran Bregovic, en passant par Goran Paskaljevic. Matthieu Dhennin trouve des mots fort justes pour évoquer la relation d’Emir Kusturica à Sarajevo et à la Bosnie. Aussi éloigné du dythirambe que du réquisitoire, ce livre constitue donc une des meilleures manières possibles de faire le point sur notre propre perception de l’oeuvre protéïforme de « l’émir du Costa Rica » (ainsi se présenta E.K. lors de sa première venue à Cannes, en 1985, quand il reçut la Palme d’or pour Papa est en voyage d’affaires). |
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