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Danas
Ivica Dacic, l’héritier officiel de Milosevic
Traduit par Persa Aligrudic
Publié dans la presse : 5 décembre 2006
Mise en ligne : dimanche 10 décembre 2006
Sur la Toile

Près d’un an après la mort de Slobodan Milosevic, le Parti socialiste de Serbie (SPS) a élu son nouveau président en la personne d’Ivica Dacic, lors de son congrès des 30 novembre et 1er décembre. Le jeune Dacic, 40 ans, porte-parole du SPS depuis 1992, a perdu la bagatelle de 45 kilos depuis 2000 et s’efforce, avec succès, de ressembler à Milosevic quand il était jeune.

Par Jasmina Lukac

La victoire d’Ivica Dacic remportée lors des « premières véritables élections du Parti socialiste de Serbie (SPS) », ainsi que le vainqueur a lui-même qualifié ce scrutin, a été évidente dès le début du congrès, bien que les socialistes aient compté leurs voix jusqu’après minuit. Le discours tenu par Ivica Dacic et la manière dont il a mené la séance, pratiquement comme s’il était la réincarnation de Slobodan Milosevic, ont été vivement soutenus et approuvés, de sorte qu’au premier tour 29 voix seulement le séparaient de la victoire contre son principal rival, Milorad Vucelic. L’opposition interne du SPS a reproché à Dacic de ne pas avoir proposé un programme mais d’avoir tenu un discours enflammé sur le patriotisme dans lequel il défendait le Kosovo et la Republika Srpska. Mais il y a eu ceux qui estimaient que le triumvirat socialiste formé par Ivica Dacic, Milorad Vucelic et Zoran Andjelkovic avait déjà convenu d’un accord secret, d’abord entre eux, puis avec les autorités actuelles, en ce qui concerne le choix du leader du SPS. Cette théorie est contestable, puisque le nouveau président du SPS n’a proposé aucune fonction importante ni à Vucelic ni à Andjelkovic.

Par ailleurs, le congrès du SPS a été un mélange mécanique d’ancien et de nouveau, tout comme Dacic lui-même est issu de la fusion entre un membre des jeunesses communistes d’autrefois et un « yuppy » serbe. Organisé financièrement comme lorsque le parti était au pouvoir, le congrès a montré dès sa première partie la discipline de la machine à voter en prenant les décisions par acclamation et à l’unanimité. Toutefois, dans la deuxième partie, il a élu de manière démocratique, autant qu’il est possible en Serbie, son leader parmi deux candidats principaux sur les quatre proposés.

La biographie de Dacic est en quelque sorte à l’image de ces contrastes : il a été le premier président des jeunes socialistes de Belgrade en 1990, et le porte-parole du SPS de 1992 à 2000, mais cela ne l’a pas empêché, quelques jours après la chute de Milosevic en octobre, de rendre visite à un camarade d’école, cadre de l’Opposition serbe (DOS). Il est bien connu que la proximité et les intérêts d’affaires sont au dessus des barrières idéologiques en Serbie.

Par la suite, Ivica Dacic est devenu vice-président du SPS, puis président du Conseil général du parti lors du congrès de janvier 2003. Un an plus tard, il s’est opposé à Milosevic pour la constitution de la liste des candidats aux législatives. Il a perdu 45 kilos, et il a mené les socialistes vers une collaboration avec le gouvernement de Vojislav Kostunica, tout en continuant à soigner son look, qui rappelle celui de Milosevic dans ses jeunes années. Avec le décès de Milosevic, il est frappé de disgrâce dans la famille du défunt président et, sous le coup de l’affaire « kofer », il réussit à ajourner le congrès électoral et à renforcer ses positions.

Ivica Dacic est né le 1 janvier 1966 à Prizren, au Kosovo, il a terminé l’école primaire à Zitoradji, le lycée à Nis. Il est diplômé de la Faculté des sciences politiques de Belgrade, où il était considéré comme le meilleur étudiant de sa génération. Il est marié à Sonja et il a un fils et une fille.

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