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L’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) a organisé du 1 au 7 décembre à Sarajevo un séminaire dont l’objectif principal était de développer les échanges de jeunes dans les Balkans. L’OFAJ cherche ainsi à promouvoir des perspectives sud-est européennes et franco-allemandes pour un dialogue européen.
Par Ursula Burger Oesch
Comme le soulignent les responsables du projet, « l’Office franco-allemand pour la Jeunesse s’est toujours employé, depuis sa création en 1963, à favoriser une meilleure compréhension entre les jeunes Français et les jeunes Allemands et à en faire des citoyens sachant dépasser leur environnement national pour mieux aborder les réalités européennes et internationales d’aujourd’hui et de demain ». Depuis quelques années, avec l’accord des gouvernements français et allemand, l’action de l’organisation s’est ouverte au trinational. C’est dans ce cadre que l’OFAJ développe des programmes avec des partenaires du monde associatif et éducatif des différents pays de l’Europe centrale et orientale, de l’Europe du sud-est et du pourtour méditerranéen. L’OFAJ vise ainsi à développer une connaissance réciproque entre citoyens des pays concernés et à établir un dialogue respectueux de la culture de l’autre pour ainsi créer des liens durables de solidarité entre les jeunes.
Dans le cadre de son initiative intitulée « De nouveaux ponts vers les Balkans », l’OFAJ est particulièrement soucieux de domaines tels que « Le rôle de la presse pour la démocratie », « La participation des jeunes à la vie de la Cité », « La mondialisation - les enseignants supérieurs européens face à la concurrence mondiale », « L’éducation surveillée en Europe ». Il essaie d’inciter également des réunions de coopération institutionnelle avec des responsables d’échanges, de stages de formation pour animateurs, de sessions de préparation et d’évaluation.
Hormis son rôle de bailleur de fond, que cette organisation reste pour un nombre limité de projet, elle propose de servir de plate-forme pour la création de nouveaux partenariats entre les différentes associations ou de fournisseur d’expertises et d’informations pour les domaines concernés. Ainsi, l’OFAJ s’est spécialisé dans l’organisation de séminaires et de trainings permettant aux jeunes d’Europe entière d’entrer en contact et de développer des projets communs. Durant une semaine passée à Sarajevo grâce au séminaire organisé par cette organisation, les jeunes de Bosnie-Herzégovine, Serbie, Macédoine, Croatie, Bulgarie, Roumanie, Allemagne et de France ont participé à un programme visant à la fois à relever l’historique des relations franco-allemandes (« De l’hostilité à la coopération »), mais aussi à inciter ses participants à l’élaboration de propositions concrètes pour développer les échanges de jeunes dans les Balkans.
Suite à une introduction sur la situation actuelle des jeunes dans les Balkans occidentaux et une découverte de Sarajevo, de son histoire et de sa situation actuelle, utilisant une méthode de travail en groupe intitulée « open space », les participants ont été amenés à dessiner de nouveaux projets qu’ils souhaiteraient réaliser. Dans le but d’assurer un point de vue externe sur ces projets et un premier test de leur pertinence aux yeux des éventuels bailleurs, l’OFAJ a invité à cette conférence les différents représentants de la communauté internationale tel que Dzemal Hodzic, Task Manager pour les questions relatives à la société civile auprès de la Délégation de la Commission Européenne en Bosnie-Herzégovine, Ilvana Jaganjac de l’OHR, Francis Bueb, Directeur du Centre culturel français André Malraux, Michael Schroen de l’Institut Goethe de Sarajevo, ainsi que des représentants de différentes ambassades présentes dans le pays.
C’est pourquoi la dernière journée du séminaire a été consacrée à la présentation de six projets que les participants avaient élaborés : le « guide touristique ex-yu » propose de combattre la xénophobie, le nationalisme, l’apathie et la violence chez des jeunes en les faisant voyager, notamment dans les pays voisins faciles d’accès, que 85% d’eux n’ont jamais visités. « La caravane artistique de réconciliation » cherche à briser des stéréotypes chez les jeunes et à utiliser le potentiel créatif des artistes pour un travail de réconciliation. Deux projets environnementaux, le « Camp écologique mobile » et « Promotion du tourisme écologique dans les sites touristiques des Balkans » ciblait l’engagement des jeunes autour des thèmes environnementaux qui ne connaissent pas de frontières. Le projet intitulé « le Bureau balkanique de jeunes » a suscité les commentaires les plus opposés : alors que pour certains l’existence d’une institution-mère de jeunes jouissant du soutien des gouvernements de tous les pays de la région représenterait une condition sine qua non pour une véritable prise en charge de la jeunesse, pour d’autres son utilité reste à prouver.
Solidement organisé et instructif, ce séminaire a souligné une nouvelle fois l’importance du rôle des jeunes dans le renforcement de la démocratie et de la société civile dans le Sud-Est de l’Europe. Il a également attiré l’attention sur l’importance de la relation franco-allemande et de son rôle moteur en Europe. Reste éventuellement à se demander si à l’image de son propre organisation, fruit d’une coopération des gouvernements français et allemand, l’OFAJ ne ferait pas bien d’inviter au soutien de ce dialogue qu’il a entamé, non seulement les jeunes venant de différents pays de l’Europe de Sud-Est, mais aussi des représentants de leurs gouvernements respectifs.











