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Amer Kapetanovic ne pensait jamais devenir photographe, partout où il allait, il se promenait simplement avec un petit appareil photo pour immortaliser les plus beaux moments de sa vie... Au gré des hasards et des rencontres, il en a fait son métier. Rencontre avec un homme débordé et désormais reconnu.
Toujours sur la brêche
« Je suis toujours occupé à faire quelque chose », commence Amer. Et après l’histoire qu’il va nous raconter, on peut effectivement comprendre qu’il le soit.
Il s’est tout d’abord engagé dans l’organisation WHO (World Health Organisation) en remplissait des postes de correspondant sur le terrain. Plus tard, grâce à ses compétences informatiques, il a participé à la création du système judiciaire informatique de Bosnie-Herzégovine, actuellement le plus grand projet informatique du pays. Autodidacte à l’origine, il a réussi à monter plusieurs autres projets, et il fait maintenant des études à la Faculté des Sciences Informatiques de Mostar.
Il est parallèlement adhérent du club de photo « Sarajevo », où il se sent assez à l’aise pour mettre en œuvre toute sa créativité. « Mon emploi du temps n’est pas du tout compliqué », ajoute-t-il, « je fais 8 heures de photographie et 8 heures d’informatique par jour ».
Son travail dans le domaine de la photographie lui a apporté de nombreux prix et de multiples reconnaissances. « Le plus important pour moi est « Le prix pour la photographie », attribué par l’Association des arts plastiques et du design de Bosnie-Herzégovine, que j’ai eu en 2006 », souligne-t-il.
Ses études sont pour l’instant « en attente », vu la quantité de travail qui l’occupe.
Né en 1973, il est marié. Il aime voyager, il a deux chats dont il fait souvent des portraits...

- Autoportrait d’Amer Kapetanovic
Une culture familiale de la photographie
Ce n’est pas par hasard qu’Amer est entré dans le monde de la photographie. En effet, son père était lui aussi un amoureux fou de gadgets, et il faisait de la photographie. Maintenant, qu’Amer est marié, il partage sa passion avec sa femme qui elle aussi fait de très belles images.
Voyages
L’une des plus grandes passions d’Amer, c’est les voyages.
Son travail lui demandant de se déplacer très souvent, c’est sur la route qu’il a pris l’habitude de prendre en photo tout ce qu’il trouve intéressant. Loisir au départ, profession par la suite, la photographie lui a permis de se faire une renommé, et de montrer son œuvre au monde entier.
Pris dans un quotidien qui ne lui laisse pas le temps de revenir à ses passions, il espère néanmoins un jour pouvoir réaliser le plus grand de ses rêves : « j’espère qu’un jour j’aurai les moyens d’aller m’installer dans un pays lointain et inconnu, de m’immerger parmi les gens ordinaires, de contempler leurs vies, et, finalement, d’en faire une « photo story ».
Inspiration et appareils
Amer se souvient encore avec nostalgie de son tout premier appareil, le vieux Fuji Coolpix de ses premiers pas.
« L’envie de création qui a surgi en moi a épuisé les capacités techniques de cet appareil. J’ai surtout expérimenté l’exposition longue, et, du coup, j’ai eu besoin de quelque chose de plus performant ».
Ayant adhéré au club photo « Sarajevo », il est très vite arrivé à de bons résultats. « La créativité demande une aide technique », ajoute-t-il. « Un appareil n’est qu’un outil qui t’aide à réaliser ta créativité. Toutefois, aucun n’est parfait », conclu-t-il.
Au départ, il n’y avait pratiquement pas d’êtres humains sur ses images. Peu à peu, il s’est spécialisé dans les portraits. « Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que toutes les cultures cachent des trésors inépuisables. Je réalise aujourd’hui des Environnemental Portrait ».
A propos de la photographie
« Dernièrement, je m’intéresse principalement à des thèmes sociaux, à des photos qui provoquent des émotions. La photographie est inépuisable, sans fin. La différence de base entre la peinture et la photo, c’est que la photo est un document brut », souligne Amer. Pour lui, les photographies moralement discutables sont très importantes. Il ne cache d’ailleurs pas son émerveillement vis-à-vis de quelques-uns de ses prédécesseurs, qui « tout en provoquant de la répugnance, qui allait parfois jusqu’au dégoût, ont fait des œuvres d’une valeur inestimable ».
Il admire notamment le travail de Robert Capa, l’accompagnateur audacieux de l’armée américaine, et l’auteur de nombreuses images du débarquement allié en Normandie. « Il est vrai que les images des soldats démembrés, les visages engourdis par la peur et l’abomination, ne sont pas tout à fait acceptables du point de vue de la morale. D’un autre côté, on se demande quel courage il a dû avoir pour s’aventurer sur un champs de bataille, l’appareil photo dans la main ; comment il a fait pour se cacher des balles et des obus qui sifflaient au-dessus de sa tête ; comment il a réussi à changer de pellicule et à prendre tout ce qu’il a pris. Au final, ses prises de vues sont devenues un document inestimable, dont le contenu va bien au-delà des mots. »
Cependant, pour un professionnel, la photographie est plus qu’un document brut. « La vision du photographe entre en jeu, elle lui permet d’exprimer ses sentiments à travers la prise de vue, la perspective, la lumière et l’exposition ».
N’hésitez pas à visiter le site Web d’Amer Kapetanovic pour juger vous même la qualité de ses images !











