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Le Courrier des Balkans
Football : l’incroyable destin de Lorik CanaSur la Toile :
Mise en ligne : jeudi 22 mars 2007
Certes, le football a des travers. Mais il recèle surtout nombre d’histoires incroyables. Et celle de Lorik Cana, Albanais réfugié en Suisse en 1992 devenu joueur professionnel dans le championnat français, en est une. Premier opus d’une série de portraits de footballeurs balkaniques réalisée par Pierrick Hamon.
Par Pierrick Hamon Lorik Cana. Un visage bien connu des terrains de Ligue 1 française depuis bientôt quatre ans. Un souvenir amer pour les Parisiens qui ont accueilli et vu filer le joyau albanais dans le camp marseillais à l’intersaison 2005-2006. Un aventure de plus pour le footballeur albanais, depuis sa naissance un 27 juillet 1983 à Pristina. De Pristina à Paris Le « premier acte » de son existence prend une tournure imprévue, lorsqu’en 1992, le jeune Lorik et sa famille posent leurs valises en Suisse. A la clé un statut de réfugié politique. Son père (ex-international junior yougoslave de football) veut terminer sa carrière à Montreux. Lorik, dont les prédispositions footballistiques ne demandent qu’à s’exprimer, intègre rapidement le voisin du Lausanne-Sports. Il s’y distingue. Le tournant intervient en l’an 2000. En février, Lorik, 16 ans, s’envole avec son club pour un stage en Espagne, à Malaga. Depuis quelques semaines déjà, il est en contact avec le Real Madrid. La prestation du gamin albanais conforte les recruteurs madrilènes dans leur choix. Une date pour un essai est fixée. Mais les dirigeants suisses ne l’entendent pas de cette oreille. Ils préfèrent que le jeune milieu récupérateur se rende à la détection d’Arsenal. Lorik rentre donc à Lausanne afin de rallier Londres. A peine arrivé en Angleterre, son statut de réfugié politique va lui jouer un vilain tour. Un problème de visa le bloque à la frontière. Lausanne décide alors d’opter pour la carte française, et se rapproche de l’Olympique de Marseille et du Paris Saint-Germain. Lorik Cana effectue ainsi son premier essai pendant une semaine au camp des Loges à Saint-Germain-en-Laye (centre d’entraînement du PSG) en mai 2000. Un essai qui se révèle concluant. En juin, il signe un contrat Espoir qui le lie pour quatre ans au club parisien. Il intègre réellement l’équipe en juillet de la même année. Un avènement qu’il doit notamment à Antoine Kombouaré, entraîneur de l’équipe réserve à l’époque, qui fait tout pour le conserver malgré sa situation administrative compliquée. Une superbe aventure parisienne qui se termine en queue de poisson Les deux premières saisons, entre pépins physiques et pépins administratifs, s’avèrent pour le moins difficiles. Lorik s’aguerrit en réserve, sous l’œil de son « père spirituel ». Une blessure au genou l’écarte des terrains pendant un an. Mais Lorik est un battant. Sa gnac et son abattage à l’entraînement attirent l’œil de Luis Fernandez, entraîneur de l’équipe première. Il intègre de temps à autre l’effectif professionnel. La juste récompense de ses efforts consentis depuis son arrivée surgit en novembre 2002. Le jeune Cana fait sa première apparition sur les terrains de l’élite du football français lors d’un Nantes-PSG (1-1). Nouveau bonheur dans la foulée : il est appelé en première fois en sélection albanaise au mois de juin 2003 (actuellement, il comptabilise 23 sélections et un but), face à, clin d’œil du destin... la Suisse (2-3). Le jeune Lorik fait son trou. La saison suivante, la cote du joueur albanais monte en flèche avec le nouvel entraîneur bosniaque, Vahid Halilhodzic. Il fait désormais figure de titulaire indiscutable en milieu de terrain. Son duo avec le Camerounais Modeste M’Bami contribue à l’excellente saison du club de la capitale à la solidité défensive retrouvée. A la clé une deuxième place en championnat, et une victoire en coupe de France contre Châteauroux (2-0). Consécration suprême pour celui qui a disputé trente-deux matchs sous le maillot bleu et rouge, il est élu joueur albanais de l’année. Hélas pour lui, le crû 2004/2005 n’a pas la même saveur. Paris termine neuvième, après une campagne décevante en Champions League. Un bilan collectif terne, a contrario de celui du milieu défensif, convoité au mercato en juin par des grandes écuries comme le Bayern de Munich et le Real Madrid. L’admirateur du Milan AC ne cède pas aux sirènes de l’argent et envisage de prolonger son bail au PSG. Il participe même aux matchs de préparation. Mais subitement au mois d’août 2005, sous la pression de son agent de père, il met le cap au sud, chez l’ennemi héréditaire... l’Olympique de Marseille, après 69 matchs sous les couleurs parisiennes. Sous le soleil de la Canebière |