Le congrès durait une journée. 171 délégués étaient présents.
Invités :
Bosniens
Etrangers Sont intervenus dans le congrès le Président et le 1° ministre de BiH, C. Volas, les internationales (CES et CISL), l’UATUC, la CGIL, les retraités et les invalides du travail L’objectif du congrès était d’adopter un programme mais aussi de modifier les statuts et de procéder à l’élection du Président et des organes de direction. Les textes avaient été discutés préalablement dans les Fédérations de branche et les cantons et des amendements présentés.
Le congrès était évidemment aussi l’occasion de faire le bilan de la situation, de l’activité syndicale et de s’adresser directement au gouvernement.
La situation économique et sociale dans l’entité croato-musulmane mais au delà dans la Fédération de BiH est particulièrement désastreuse. Le chômage reste très élevé. Les salaires sont bas et payés avec beaucoup de retard. La relance économique ne semble pas réellement d’actualité avec la réduction importante des aides occidentales et l’extrême faiblesse des investissements étrangers. Les privatisations massives préconisées par les institutions internationales sont prévues pour les mois à venir et dans des conditions qui ne présentent aucunes garanties réelles pour les salariés. Les institutions nationales et internationales annoncent qu’elles seront accompagnées d’une hausse du chômage et un effondrement du niveau de vie. De plus, pour les institutions financières internationales, les salaires sont trop élevés et sans rapport avec la productivité. La situation est rendue plus difficile encore avec les syndromes post traumatiques qui touchent maintenant très largement les femmes et les enfants entraînant une recrudescence préoccupante des suicides. La prise en compte médicale est totalement absente faute de moyens et de volonté politique. Nombreux y compris chez les syndicalistes ont la nostalgie du passé même récent : il y a deux ou trois ans quand l’aide internationale était élevée.
La question de la propriété d’état se pose véritablement. On assiste à une crise de compétence les postes de direction d’entreprise étant répartis selon des critères politiques. D’autre part la fuite des cerveaux s’accélère : 62% des jeunes essentiellement des diplômés partent ou ont l’intention de partir.
Pour les syndicats, la réalité est un simulacre de privatisation qui ne permet pas la relance. Ils considèrent que la mutation industrielle de la Bosnie est indispensable et avec elle la fin des complexes industriels gigantesques. Ils appellent à un coup de pouce aux PME qui déjà s’en sortent beaucoup mieux malgré un système de financement très lourd et très compliqué qui handicape leur croissance. Les syndicats revendiquent leur participation à cette mutation et aux privatisations. Leur objectif est un Pacte avec le gouvernement pour mettre en place un système efficace de retraites et pré retraites, de formation professionnelle continue notamment. Le Rapport d’activité fait état d’une certaine inefficacité d’une partie des choix syndicaux. Le dialogue social reste très insuffisant ce qui a mené les intervenants à interpeller le gouvernement. Le débat a été intense sur la qualité du rapport d’activité jugé imprécis et sur l’activité syndicale. Autres sujets de débat : les problèmes d’organisation et de rigueur, le conflit entre fédérations et confédération. L’organisation a des difficultés de cohésion, de solidarité interne et de suivi de l’activité de tous. Le rôle du Comité exécutif, son organisation et sa composition ont également fait l’objet d’âpres discussions. Les organisations de branches ne paient pas leurs cotisations et s’interrogent sur l’activité interprofessionnelle. En ce qui concerne les relations avec la Confédération de la République Serbe de BiH, Pour S. Hrle, Président sortant, les grèves récentes ont été des actions uniquement sociales sans arrières pensées politiques, sans différence d’origine et de nationalité. Il fait appel aux collègues serbes pour construire “ un syndicat commun (…) indispensable notamment pour améliorer le rapport de forces face aux employeurs notre seul adversaire ”. L’intervention de Cedo Volas a été bien accueillie par les congressistes. Il est resté sur les questions syndicales et sociales. Plus prudent que S. Hrle, il a exprimé une volonté, relativement nouvelle, d’amélioration des relations. Comme lors de la 2° conférence syndicale du Pacte de stabilité de l’Europe du Sud-Est à Thessalonique à l’automne dernier, il a parlé de Bosnie Herzégovine et non plus uniquement de République serbe de Bosnie mais avait-il d’autre choix à Sarajevo. Il a exprimé l’espoir de “ rapprochements indispensables pour l’avenir du syndicalisme ”. Des exemples de coopérations réussies ont été évoqués par le représentant de la CISL : mise en place de sections jeunes et femmes des deux côtés et volonté de se rencontrer ; création d’un syndicat commun dans le district de Brcko ; réunion de 10 organisations syndicales à Mostar Ouest – croates et musulmans. Dans son intervention, il a appelé à favoriser ces initiatives. La CES a lancé un appel à la coopération régionale et à développer une capacité d’analyse et de propositions. Après amendement, les rapports ont été adoptés ainsi que les statuts. Un des amendements les plus controversés a été celui concernant l’intégration des Commissions Jeune et Femmes dans le Comité exécutif et leur droit de vote. Résultat, ils seront présents mais sans droit de vote. Le Programme 2001 – 2005, prévoit une réduction du nombre des fédérations professionnelles. Les statuts ont été modifiés dans ce sens. Pour être directement adhérent à la Confédération, tout nouveau syndicat devra avoir au moins 4000 adhérents. Les questions à régler à l’avenir sont : Election du Président : Il y avait 3 candidats. S. Hrle le candidat sortant a été battu ( 73 voix) par Biber (84 voix) au 2° tour. Rédigé par Mariannick Le Bris SITUATION ÉCONOMIQUE ET SOCIALE EN BOSNIE HERZÉGOVINE
QUELQUES CHIFFRES
AOÛT 2001 PNB 2001 50% d’avant la guerre
Capacité de production 2001 40% d’avant la guerre
Niveau de vie de la majorité de la population : sous le seuil de pauvreté 1 personne sur 170 est invalide et moins de 50% d’entre eux ont un emploi Chômeurs : 267 000 + 30 000 salariés sur les listes d’attente (donc qui ne touchent aucun salaire depuis 1992) Revenus :
Salaires en retard : de 30 à 40 mois
Salaire moyen : 446 DM par mois
La vie quotidienne :
Besoins en nourriture : 429 DM par mois (pour une famille de 4 personnes)
Chauffage 1 appartement 2 pièces : 700 DM par an (il peut faire jusqu’à – 10° /-15° en hiver)
Electricité : 700 DM par an
Eau : 20 DM par an
Charges locatives : 10 DM par an
Téléphone : 10 DM par an
Donc 180 DM par mois nécessaires (en plus de la nourriture)
Location appart. 2 pièces : 400 DM par mois
Rentrée scolaire minimum : 600 DM par enfant (1,5 mois de salaire minimum moyen) Soit des besoins mensuels pour une famille de 4 personnes de 800 DM


















