L’organisation internationale non-gouvernementale AADL, fondée par le Conseil de l’Europe, a présenté, vendredi 25 et samedi 26 mai à Sarajevo, deux nouveaux projets dans les Balkans : « la citoyenneté active dans les Balkans » et le lancement de « Sutra microcrédits ». Le premier est organisé en collaboration avec le Pacte de Stabilité pour l’Europe du Sud-Est (bureau à Thessalonique) et le deuxième avec la banque italienne Intes/San Paolo.
Une nouvelle coopération est née entre l’Association des Agences de la Démocratie Locale (AADL) et le Pacte de Stabilité pour l’Europe du Sud-Est. Celle-ci a été inaugurée avec la conférence « Citoyenneté active dans les Balkans » à Sarajevo, le jour de l’anniversaire de Tito. L’AADL s’occupe en général de la promotion de la démocratie locale et des droits de l’homme dans les Balkans.
Cette conférence, qui a eu lieu en anglais, italien et bosnien, a réuni dans l’amphithéâtre de la municipalité de Sarajevo à peu près 140 participants et intervenants venus d’Europe occidentale et des Balkans.

- Environ 140 participants réunis devant la municipalité de Sarajevo pour la conférence
Après quelques mots d’accueil de Nota Sarafoudi, une experte du bureau du Pacte de Stabilité à Thessalonique, de Gianfranco Martini, le président de l’AADL, et de Vesna Travljanin, la directrice exécutive de l’Association des Villes et des Municipalités de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, les participants ont pu assister activement à la première table ronde : « De quelle manière la citoyenneté active peut-elle contribuer à l’intégration européenne ? ».
Trefor Williams, le Directeur du département de démocratisation de l’OSCE en Bosnie, Michael Docherty, à la tête de la Délégation de la Commission européenne pour la stabilisation démocratique et le développement social en Bosnie, le Professeur Guiseppe Gangemi de l’Université de Padoue, Jelena Milic, l’adjointe de Goran Svilanovic, président de la Table de Travail I du Pacte de Stabilité pour l’Europe du Sud-Est et membre du Forum pour les Relations internationales « Education pour une citoyenneté démocratique et le nouveau management public », et Emir Adzovic, chargé de projet au Conseil de l’Europe, « Education sur la citoyenneté démocratique », ont été les cinq premiers intervenants.
« Il faut faire confiance à la participation et aux initiatives spontanées. Prijedor est un bon exemple : plus de 1.000 personnes ont réussi à se mobiliser et à retourner dans leurs maisons », a noté le Pr Gangemi.
L’éducation est une clef qui va donner aux citoyens des Balkans des outils qu’ils pourront utiliser immédiatement, a dit Emir Adzovic. Le projet du Conseil de l’Europe « Education pour une citoyenneté démocratique », initié en 1997, rentre maintenant dans sa phase finale en se concentrant sur la démocratisation des gouvernements, sur l’amélioration des capacités des écoles et la formation des professeurs et des ONG sur place. « Un des plus grands succès du projet est l’instauration du cours « Démocratie et Droits de l’Homme » dans le programme de toutes les écoles en Bosnie-Herzégovine, » nous a confié Emir Adzovic.

- L’amphithéâtre de la municipalité de Sarajevo
Après la pause café, de nouveaux intervenants ont pris place : Mesud Hodzic, représentant du Forum civique de Prijedor (Bosnie-Herzégovine), Geza Kucera, maire de Subotica (Serbie), Fotis Vlachos, directeur des opérations de l’organisation « Perspective européennes » (Kosovo/MINUK) et Hedvig Morvai-Horvat, directeur du Pacte des citoyens pour la SEE. Cette fois-ci, la discussion a tourné autour d’exemples concrets de bonnes pratiques d’une citoyenneté active en Europe du Sud-Est.
Mesud Hodzic prétend que même si le syndrome d’après-guerre est encore très présent à Prijedor, les nombreuses conférences et table rondes qui ont eu lieu dans la ville depuis la fin de la guerre ont porté leurs fruits, notamment la conférence des psychologues de Serbie « Dialogue vers la vérité ». Au référendum de 2004 à Prijedor, 6.000 citoyens ont déclarés qu’ils se considéraient comme des « citoyens européens ».
Geza Cucera a annoncé avec fierté que la ville de Subotica en Serbie, dans l’opposition sous le régime de Milosevic, espère montrer un exemple de bonne pratique de démocratie dans la région, étant donné que c’est un espace multiculturel (trois langues : Hongrois, Anglais et Serbe) et multiconfessionnel où l’on trouve 134 organisations qui travaillent dans le secteur civil.
« Etre actif, cela veut dire être visible, prendre des risques », a confirmé Hedvig Morvai-Horvat. Elle a cité quelques exemples : « avec l’aide de sérieux lobby et grâce à une participation active, et à la campagne régionale de 2002, nous avons abouti à une facilitation du processus de visa et même à des signes qui vont vers une libération des visas. Quant aux jeunes, l’exemple que je trouve le plus pertinent est le festival de musique Exit, qui depuis 7 ans, accueille tous les étés de nombreux musiciens dans la région de Novi Sad ».
Le lendemain de la conférence, le 26 mai, l’AADL et la banque italienne Intesa/San Paolo ont lancé officiellement une initiative de microcrédits pour les Balkans, à travers un partenariat public-privé. Par cette approche, l’ADDL et Intes/San Paolo soutiennent le processus d’élargissement de l’Union européennes dans les Balkans en favorisant un développement économique durable. Ce projet, qui est soutenu par le gouvernement norvégien, va durer trois ans et propose une approche intégrée du microcrédit, de façon à promouvoir des « start up » de manière durable, en particulier celles dirigés par de jeunes entrepreneurs.

- Antonietta Guidali et Per Vinther lancent le projet « Sutra - microcrédits » à Sarajevo le 26 mai 2007
« Les standards pour obtenir ce genre de crédits sont moins exigeants que d’autres types de crédits, justement pour encourager des jeunes qui ne possèdent peut-être pas de capitaux, à s’investir dans de petits projets créatifs qui durent longtemps. Nos cibles sont les petites villes en Bosnie, Serbie, Croatie, au Monténégro et en Macédoine. En Bosnie-Herzégovine, nous nous concentrerons autour des trois villes ou se trouvent des bureaux de l’AADL : Prijedor, Zavidovici et Mostar, » a précisé Antonietta Guidali, gérante des prêts étrangers à la banque Intesa/San Paolo pendant la conférence de presse qui a eu lieu vendredi à 14 heure dans la municipalité de Sarajevo.
Pour toute la région des Balkans, la somme totale des prêts s’élève à 4 millions d’euros pour les trois ans que va durer le projet. En Bosnie-Herzégovine, un maximum de 8.000 euros va être attribué par projet. Des partenariats sont établis avec Upi Banka et Privredna Banka en Bosnie-Herzégovine, et Gospodarska Banka en Serbie. Dans le futur, des partenariats avec des banques au Monténégro et en Macédoine devraient être établis.
« Ces crédits ont pour objectif d’encourager de petites initiatives et de créer des nouveaux emplois : il n’y a plus besoin de cafés dans la région ! », a dit en souriant le Président exécutif de l’AADL, Per Vinther. En effet, les secteurs qui sont visés sont l’agriculture, le tourisme et les petites productions.













