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Arben Xhaferi quitte la tête du Parti démocratique des Albanais de Macédoine (PDSh). Sans surprise, c’est son second, Menduh Thaçi, qui reprend les rênes du parti. Figure essentielle du monde politique albanais en Macédoine, Arben Xhaferi a acquis l’image d’un homme de consensus. Au contraire de son successeur...
Par Sonja Kramarska
Son départ aura été longuement précédé de rumeurs. Cette semaine, Arben Xhaferi a décidé de quitter la tête de son parti, le PDSh [1]. La nouvelle a presque laissé indifférent le milieu politique en Macédoine. A 59 ans, Arben Xhaferi reste pourtant une personnalité influente.

« Je pars. Je laisse ma place à Menduh Thaçi », a annoncé Arben Xhaferi ce lundi 25 juin, mettant fin aux spéculations concernant son départ, alors qu’il lutte contre la maladie de Parkinson.
Après 14 ans de lutte politique, Arben Xhaferi s’en va. Son successeur Menduh Thaçi dirigeait déjà officieusement le PDSh. Il en a officiellement été nommé président ce samedi 30 juin, lors du congrès du parti.
De Xhaferi, on peut dire qu’il a tenu deux promesses. L’une est d’avoir montré à la majorité macédonienne qu’elle n’est pas seule dans cet État. La seconde est de ne jamais s’être coalisé avec les sociaux-démocrates du SDSM. [...]
Dans les Balkans, Arben Xhaferi est considéré comme un interlocuteur reconnu dans le dialogue entre Macédoniens et Albanais. Son diagnostic politique de la situation en Macédoine et la thérapie qu’il a prônée peuvent se résumer en deux phrases : « la décision consensuelle est la seule chance de survie pour une démocratie multiethnique. Toute autre attitude mènera à la confrontation, à la polarisation, à la tyrannie ethnique et enfin à la division du pays ».
Signataire de l’Accord d’Ohrid
Dimitar Mircev, politologue, affirme qu’il regrettera la présence d’Arben Xhaferi sur la scène politique. « Je le considère comme un grand intellectuel et un grand penseur en ce qui concerne les questions balkaniques, et surtout la question albanaise, même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui. Arben Xhaferi a agi comme un facteur de réconciliation ethnique dans les Balkans », affirme Dimitar Mircev. Il espère que le successeur d’Arben Xhaferi saura se montrer l’héritier de la sagesse, de la logique et de la rhétorique d’Arben Xhaferi.
Arben Xhaferi est aussi le quatrième des cinq signataires de l’Accord d’Ohrid [2] à quitter la scène politique. Il a été précédé par Ymer Ymeri, ancien leader du Parti pour la prospérité démocratique (PDP) et par Ljubco Georgievski (VMRO-Narodna). Quant à Boris Trajkovski, il est mort en 2004. Le seul signataire de l’Accord toujours en activité est le Président Branko Crvenkovski.
Présent au journal de la chaîne de télévision Sitel, Branko Crvenkovski a été la première personnalité interrogée sur le départ d’Arben Xhaferi. Sa réponse a été hautement diplomatique. « Il s’agit d’une question intérieure au PDSh. J’espère que ses nouveaux dirigeants se comporteront de manière à contribuer aux progrès de la Macédoine », a déclaré le Président Crvenkovski.
La raison d’autant de langue de bois ? Le successeur d’Arben Xhaferi ne craint pas de critiquer Branko Crvenkovski à tout bout de champ. Arben Xhaferi et Menduh Thaçi sont comme le jour et la nuit. Là où le premier est réservé et prudent, le second se montrera brusque et cinglant.
Si beaucoup des portes ouvertes à Arben Xhaferi au Kosovo et en Albanie se fermeront devant Menduh Thaçi, ses liens avec le leader du Parti Démocratique des Albanais au Kosovo, Hashim Thaçi, seront encore longtemps observés par les services secrets mondiaux.
Arben Xhaferi a dirigé le PDSh avec style. Et c’est avec style qu’il le quitte : il aura passé des années à se former un successeur pour empêcher les dissensions internes. Ciao Arben, bonjour Menduh.
[1] Parti démocratique des Albanais, principale force albanaise au pouvoir en Macédoine.
[2] L’Accord d’Ohrid a mis fin au conflit armé macédonien en août 2001.













