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Nous, les poètes des petits peuples : poèmes en macédonarman (aroumain)
Charleroi (Belgique), Micromania, 2007, 335 pages, 25 euros, ISBN 978-2-930364-28-5
Mise en ligne : mercredi 5 septembre 2007

Nous, les poètes des petits peuples : poèmes en macédonarman (aroumain) / Noi, poetslji a populiloru njits : poemi tu limba makedonarmana (armana)

Choix de poèmes et introduction de Kira Iorgoveanu-Mantsu, poèmes traduits de l’aroumain par Mariana Bara, Nicolas Trifon. Sélection des illustrations Yiani Mantsu. Postface de Nicolas Trifon.

Par Alfred Parent

Cette anthologie réunit 33 poètes, nés pour la plupart après la Seconde Guerre mondiale, en République de Macédoine, Albanie, Grèce, Roumanie et Bulgarie. L’introduction, les notes et la postface sont en français, les poèmes en aroumain avec la traduction française en regard. Avec des planches en couleurs présentant des œuvres d’artistes aroumains : Sultana Maitec, Geta Caragiu, Cristina Passima...

C’est pour la première fois que la littérature aroumaine écrite, plus que centenaire, est accessible à un public occidental, en l’occurrence francophone. Pour le public aroumanophone, il s’agit également d’une première puisque cette anthologie présente des auteurs contemporains provenant de tous les pays balkaniques où vivent des minorités aroumaines.

Voici un extrait de l’Introduction de K. Iorgoveanu-Mantsu :

« La poésie aromaine, la poésie classique et surtout moderne, est le témoignage de la récupération d’une identité à part. La victoire des poètes qui, par écrit, proclament la victoire de la langue. Elle est leur réponse aux spéculations linguistiques et historiques qui sèment la confusion autour de leur passé et de leur culture.

Les poètes aromains modernes ont redécouvert leur langue et ses possibilités, la protègent en l’écrivant, et la hissent au rang qui lui est dû, celui de symbole d’un peuple, d’une culture, d’une identité (...)

Le travail du poète qui écrit dans les petites langues est plus difficile que celui du poète qui s’exprime dans des langues plus riches, dotées de formes standard. En revanche, le bonheur que lui procure l’acte littéraire est peut-être plus intense puisqu’il doit déterrer des mots, les ressusciter. Avec la satisfaction morale de sauver à sa façon une langue vouée à l’oubli. »

Dans la Postface, N. Trifon s’interroge sur le statut de la littérature aroumaine présentée abusivement par certains comme une branche « extraterritoriale » de la littérature dialectale roumaine. Son caractère autonome par rapport aux littératures nationales des pays balkaniques où vivent des Aroumains est confirmé, si besoin était, par cette anthologie, conclue-t-il.

Le livre est publié par le Comité roman du Comité belge du Bureau européen pour les langues moins répandues (CROMBEL : 1, bd. Roullier, B 6000 Charleroi).

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