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Invités
De Macédoine :
Etrangers
Sont intervenus, la Citum au nom des organisations de l’ex Yougoslavie, Kssh, la CES, le CAS qui vient d’ouvrir un bureau à Skopje.
Le 16° congrès de l’Union des syndicats indépendants de Macédoine s’est tenu les 22 et 23 mars 2002 à Orhid et a réuni 132 délégués dont très peu de macédoniens albanais. La présidence du congrès était composée de 3 hommes et 3 femmes de différentes fédérations professionnelles.
Dans son intervention d’ouverture, le Président sortant, Zivko Tolevski, a rappelé le contexte de sortie de guerre dans les Balkans et dans le pays. La situation économique et sociale est particulièrement catastrophique – la plus dégradée depuis l’indépendance. La criminalité et les trafics dominent. Le taux de chômage atteint 38%, la dette extérieure est de 1,5 milliards de dollars et les dommages de guerre se montent à 4 milliards de dollars. La différence entre les retraites et le coût de la vie est énorme : 150 000 retraités reçoivent moins de 50 euros par mois. Beaucoup de retraités ne touchent rien. De très nombreuses entreprises sont en faillite. Pour la Ccm, le gouvernement en place – totalement corrompu - est responsable de la situation. La privatisation a été et est injuste et utilisée à des fins personnelles. La corruption est le principal mal du pays : « Les entreprises appartiennent au parti politique au pouvoir qui laisse les actionnaires abuser de leur fonction. L’extrémisme militaire aggrave la situation et rend impossible la paix et la stabilité attendues par toute la population. La Ccm considère que la tolérance et la solidarité sont les seules alternatives ». Le représentant de la CES a insisté lui aussi sur la nécessité de lutter contre la corruption : « Tout l’argent qui arrive dans la région doit être dépensé avec attention parce que se pose la question de savoir si nous finançons la corruption ou la paix ».
Tolevski a fait un bilan positif de son activité syndicale qui a été critiqué par plusieurs délégués. Pendant le dernier mandat, une grève de 80 jours – une des plus longues – visait à obtenir l’amélioration de la législation sur la sécurité de l’emploi, la réforme des retraites ; le syndicat s’oppose à la réforme du système de santé visant à réduire les dépenses et les emplois et revendique la protection juridique gratuite pour les salariés.
Pour l’avenir, le dialogue social et la construction d’un Conseil économique et social devraient être à l’ordre du jour. Pour atteindre ces objectifs, un développement de l’action revendicative et de l’engagement syndical seront indispensables. « Les militants syndicaux devront en particulier lutter pour les droits syndicaux et contre la corruption. Nous devons après ce congrès nous engager dans la lutte pour la paix, la démocratie et le travail ».
Au total, il y avait 15 questions à l’ordre du jour. Il y a eu un très petit débat sur le « programme d’action » proposé. Toutes les questions administratives à l’ordre du jour ont été votée très rapidement. Le point le plus intéressant a été l’élection du Président.
5 candidats postulaient au poste de Président de la Ccm – le président sortant, les présidents des fédérations des métaux, de la construction, de la santé et de l’administration. Au 1° tour, Tolevski (le sortant) a obtenu 46 voix, Muratovski (Fédération de l’administration) 38 et les autres respectivement 19, 11 et 9. Au 2° tour Vansho Muratovski l’a emporté avec 62 voix contre 59 pour le Président sortant.
Dans l’intervention après les élections, Vansho Muratovski a indiqué vouloir améliorer la cohérence de l’organisation : engagement à travailler avec toutes les composantes dont les macédoniens albanais ; mise en place d’un collective pour appliquer les orientations, rapprocher les militants et moderniser le syndicat. Cependant juste après les élections, la Fédération de l’énergie a annoncé son départ de la Ccm. Au vu des résultats de ces élections, il est évident que l’organisation est divisée en deux camps au moins. En dépit du nationalisme, des énormes difficultés économiques et sociales, Muratovski garde confiance en l’efficacité du pacte de stabilité. Les priorités revendicatives immédiates seront la lutte pour un salaire minimum décent, la réforme rapide du système de santé et la législation sur les relations industrielles dans les entreprises en faillite notamment sur les conditions de licenciement. En ce qui concerne les relations internationale, Muratovski a confirmé la poursuite de la coopération avec les autres organisations syndicales en particulier des Balkans.











