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Bosnie : les agriculteurs reviennent devant l’Assemblée Nationale

Par Haris Hadžić
Mise en ligne : lundi 17 décembre 2007
Il y a de cela deux mois à peu près, les tentes d’agriculteurs mécontents, stationnées devant l’Assemblée nationale à Sarajevo, ont soudainement disparu. Malgré le fait que ces tentes étaient là depuis plus de deux ans, la presse n’a pas semblé être intéressée par l’événement. Haris Hadžić est allé rencontrer ces agriculteurs qui sont courageusement revenu manifester.
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Photo : Haris Hadžić

Le mécontentement des agriculteurs en Bosnie-Herzégovine dure depuis bien longtemps. Pour en rappeler la raison, leur position sur les marchés du pays n’est aucunement enviable, puisqu’ils arrivent à peine à présenter leurs produits aux côtés de ceux qui sont importés des pays voisins, de meilleure qualité et moins chers.

L’épilogue de cette situation furent les manifestations devant les institutions du pouvoir, qui se sont transformées en un véritable « camping » installé devant l’Assemblée nationale. Les manifestants, qui avaient présenté aux autorités leurs sept demandes, ont ainsi passé 834 jours (soit plus de deux ans) sur la « Place de la Bosnie-Herzégovine ».

Le 7 octobre, les tentes ont été retirées, sans doute pour des raisons d’esthétique... Néanmoins, les agriculteurs reviennent maintenant au même endroit, cette fois-ci munis de deux panneaux seulement. Sur l’un sont imprimées leurs demandes, et sur l’autre (voir l’image), le nombre de jours des manifestations. « Notre demande principale est la création d’un ministère de l’agriculture au niveau du pays [1]. Dans tous les cas, nous insisterons sur les 7 points jusqu’à ce qu’ils soient tous entendus », rappelle Smajo Topuz, agriculteur de Goražde.

Les agriculteurs refusent l’accord CEFTA [2]

Le président de l’Association des agriculteurs de la Bosnie-Herzégovine, Mirko Pejić, est d’avis que l’accord CEFTA résultera par une présence augmentée de producteurs étrangers, qui ont des moyens beaucoup plus importants, et sont bien mieux protégés par les leurs que les producteurs bosniens.

« Les agriculteurs de la Bosnie-Herzégovine, rien qu’un mois après à la mise en œuvre de CEFTA, se trouveront dans une situation encore plus douloureuse qu’elle ne l’est aujourd’hui. Nous avons raison de nous demander combien de producteurs survivront à cet état de fait », conclut Pejić, en ajoutant que seules les grandes entreprises, peu nombreuses, pourront profiter de cet accord.

[1] Pour l’instant, il n’existe que des ministères cantonaux, et au niveau des entités, mais selon ces agriculteurs, on pourrait gagner beaucoup de temps et d’argent en créant un ministère au niveau de l’Etat, comme dans la plupart des pays du monde.

[2] CEFTA : Central European Free Trade Agreement. Il a été signé par la Bosnie-Herzégovine en 2007.