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Le Courrier des Balkans
California Dreamin’ (Roumanie, 2006)Un film de Cristian Nemescu
Sur la Toile :
Mise en ligne : mardi 8 janvier 2008
Avec Armand Assante, Jamie Elman, Razvan Vasilescu, etc
Durée : 2h 35mn En salles en France depuis le 2 janvier. Par Jean-Arnault Dérens
L’histoire est simple. En mai 1999, à la fin des bombardements de l’OTAN contre la Yougoslavie, un détachement d’élite américain doit convoyer du matériel militaire ultra-secret vers le front, depuis le port roumain de Constanta. Le gouvernement roumain a, bien sûr, donné son accord à ce transfert, mais Doiaru (Razvan Vasilescu), le chef de la gare de Capalnita, un petit village perdu, décide bloquer le convoi tant que les papiers de douane ne lui seront pas fourni... Doiaru est aussi la fripouille locale, ami de la police, qui détourne une bonne part de la cargaison des trains. Mais Doiaru a été traumatisé par les bombardements américains de Bucarest en 1944, et il expliquera ses raisons au capitaine Jones : les Roumains ont attendu si longtemps les Américains, qui auraient dû les libérer des Allemands, puis des Soviétiques, qu’il ne va pas les laisser partir, maintenant qu’ils sont enfin arrivés. Troisième larron, le maire de Capalnita (le génial Ion Sapdaru) décide de saisir la « chance » que représente le séjour forcé d’Américains dans sa bourgade, et décide d’organiser une fête du village. Le musicien rrom local va se transformer en nouvel Elvis Presley, et la fête sera un succès dépassant toutes les attentes : tous les soldats tombent dans les bras de jeunes filles locales, même la fille du chef de gare, la belle Monica, qui finit par vivre une histoire passionnelle avec le sergent McLaren. Seul le capitaine Jones continue à bouder, mais le maire, jamais à court de ressources l’emmène au bordel, tandis que Doiaru lui enseigne la recette des sarmale à la roumaine... On attend des niveaux de surréalisme qui ne sont pas rappeler les films de Kusturica, sauf que le parti-pris du réalisateur est exactement à l’inverse de celui du fameux : le film est tourné caméra à l’épaule, et affiche toujours une option réaliste. Finalement, le capitaine Jones, prêt à tout pour reprendre sa route, trouve des accents de prédicateur évangélique pour entraîner les habitants du village dans une révolte contre Doiaru le prévaricateur... Le village sombre dans la guerre civile, juste au moment où les documents de douane arrivent enfin et que les Américains s’en vont. Alors que les bombardements de 1999 n’ont pas suscité de grands films en ex-Yougoslavie, cette comédie devient une fable sur le sens de cette intervention, sur les prétentions américaines à faire le « bien » universel, et sur les différences culturelles. Les différences de langue, qui ne cessent de s’entendre et de susciter des incompréhensions dans le film, mais aussi les différences de relation à l’histoire. |