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BIRN
Les accords ASA divisent le gouvernement serbe
Traduit par Jacqueline Dérens
Publié dans la presse : 8 janvier 2008
Mise en ligne : mercredi 9 janvier 2008
Sur la Toile

Vojislav Koštunica, le Premier ministre de Serbie, a déclaré qu’il s’opposerait à la signature d’un Accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’Union européenne, si celle-ci déployait une mission au Kosovo. Une décision que conteste le Parti démocratique (DS) du Président Tadić et qui pourrait bien faire éclater la coalition gouvernementale.

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Le Premier ministre
Vojislav Kostunica

La Serbie court le risque d’une crise gouvernementale et de possibles élections législatives anticipées si le Premier Ministre Vojislav Koštunica maintient son opposition au déploiement d’une force de la mission de l’UE au Kosovo.

Vojislav Koštunica avait déclaré que son pays ne signerait pas l’Accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’UE si celle-ci envoyait une mission pour rendre effective l’indépendance du Kosovo ce qui revient « à découper une partie du territoire de la Serbie »

Des représentants des partenaires de la coalition gouvernementale, le Parti démocratique du Président Boris Tadić (DS) et le G17 Plus sont persuadés que l’ASA doit être signé le 28 janvier parce qu’il est vital pour la Serbie d’assurer son statut de candidat à l’intégration européenne.

« Si la Serbie ne signe pas cet accord, alors cela remettra en cause notre future participation au gouvernement » a déclaré Nada Kolundžija, président du groupe parlementaire du DS. Ce refus de signer de signer l’ASA « voudrait dire qu’un des partenaires de la coalition abandonne un des buts stratégiques qui est au cœur de notre accord de coalition ».

Tout au long de la campagne en cours pour les élections présidentielles du 20 janvier 2008, Boris Tadić, qui vise une réélection, a répété plusieurs fois que son parti ne marchanderait pas le droit de la Serbie à conserver le Kosovo, mais qu’il poursuivrait aussi le chemin vers l’intégration européenne.

Depuis, dans la course présidentielle, le parti conservateur de Vojislav Koštunica, le parti démocratique de Serbie (DSS), soutient la candidature de Velimir Ilić, ministre des Infrastructures, du parti Nouvelle Serbie, un des partenaire de la coalition.

Pour le moment, Boris Tadić est donné favori pour le second tour qui doit avoir lieu le 6 février et qui le verra affronter Tomislav Nikolić, le chef du Parti radical serbe (ultra-nationaliste).

Si la coalition réussit à survivre à l’issue du résultat des élections présidentielles, elle pourrait éclater à propos de la signature de l’ASA.

Dans la lancée de son opposition à la signature de l’ASA, Vojislav Koštunica pourrait essayer de faire partir Božidar Djelić (DS), vice-Premier ministre chargé de l’intégration européenne.

Il pourrait aussi faire obstruction à la ratification de l’ASA au Parlement en alliance avec le Parti radical serbe, qui est le parti le plus important au Parlement.

Suzana Grubješić, une représentante du parti pro-occidental G17 Plus dans un article du quotidien Blic a déclaré qu’un échec de la signature de l’ASA « ne nous aiderait pas à garder le Kosovo ». Et elle a ajouté que Božidar Djelić pourrait signer l’accord car « il a autorisation du gouvernement pour le faire. « Le vrai test sera la ratification par le Parlement où nous verrons s’il y a possibilité d’obtenir une majorité ou bien si nous assisterons la formation d’une nouvelle majorité gouvernementale ».

D’autres dirigeants politiques pro-occidentaux, comme Vesna Pešić, du Parti libéral-démocratique (opposition), ont déclaré que le DS du Président Tadić pourrait quitter le gouvernement et demander des élections législatives anticipées si la Serbie ne signait pas l’ASA.

En parlant de la volonté de l’UE de signer cet accord ASA avec Belgrade, Vesna Pešić ajoute : « c’est une offre que l’on ne peut pas refuser ».

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