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Figure historique des mouvements citoyens en Serbie, ancienne présidente de l’Assemblée européenne des citoyens (HCA) et de la Fondation Open Society de Serbie, Sonja Liht a été élue personnalité de l’année par le magazine Vreme. Ses positions contre les bombardements de l’OTAN ou pour l’intégration européenne de la Serbie ont parfois été critiquées par d’autres acteurs de la société civile serbe.

- Sonja Liht
Sonja Liht est née à Subotica, et elle a terminé ses études primaires et secondaires au lycée de cette ville. Elle a obtenu son diplôme de sociologie et son master d’anthropologie socio-culturelle à la faculté de philosophie à Belgrade. Pendant de longues années, elle a mené des recherches à l’Institut de politique et d’économie internationale et à l’Institut pour les études européennes.
Durant les années 1980, elle s’engage plus activement dans la vie publique en fondant plusieurs organisations non gouvernementales, et prend en 1991 la direction de la Fondation Open Society de Serbie (la fondation de Georges Soros), poste qu’elle occupera jusqu’en 2003. Au cours de son mandat, cette Fondation a soutenu près de 20.000 projets dans lesquels plus de cent millions de dollars ont été investis.
Depuis 2003, Sonja Liht est présidente de la Fondation belgradoise contre l’exclusion politique, et elle participe en même temps aux conseils d’administration de plusieurs institutions internationales et locales de renom.
Elle est lauréate de plusieurs prix, parmi lesquels le Prix pour la paix du Forum social du Parti social-démocrate de Suède (1992), le Prix Hiroshima pour la paix (1993), le Prix pour la paix du Club rectoral européen (1995), le Prix Albert Schweitzer de l’Institut pour les droits de la personne et de la lutte pour une société plus humaine (1998), le Prix pour la tolérance du Ministère pour les droits de la personne et des minorités de l’Union de Serbie et Monténégro (2005), l’Ordre Pro Merit du Conseil de l’Europe pour l’édification d’une société civile et de la démocratie en Serbie et en Europe du Sud-Est.
Contre les bombardements de l’OTAN et pour l’intégration européenne de la Serbie
À la différence de la plupart des ONG qui ont quitté la Serbie pendant les bombardements de l’OTAN pour s’installer dans des endroits moins exposés, la Fondation Open Society a toujours poursuivi son travail à Belgrade, quoiqu’à un rythme ralenti. La Fondation s’est exprimée régulièrement contre la guerre, elle a soutenu financièrement la Croix-Rouge de Serbie et la Croix-Rouge du Monténégro. En avril 1999, une lettre a été adressée à l’opinion publique internationale et aux dirigeants politiques mondiaux, les invitant à cesser les bombardements, le nettoyage ethnique et les exactions militaires au Kosovo. Cette lettre a été publiée dans le quotidien Danas, et a été perçue comme un signal indiquant que la censure était moins stricte. Par ailleurs, les courants « radicaux » du secteur civil ont reproché à Sonja Liht et à la Fondation « cet appel et cette lettre qu’ils n’ont jamais oubliés ».
Sonja Liht a également réagi en avril 2007 lorsque plusieurs ONG ont adressé deux lettres aux chefs des gouvernements des pays de l’Union européenne (UE), en leur demandant de continuer à exercer des pressions sur la Serbie tant que Ratko Mladic ne serait pas livré au Tribunal de La Haye. Sonja Liht a souligné qu’elle avait été « déconcertée et prise de court » par cette démarche, et qu’elle ne comprenait pas « l’approche bornée des organisations qui se sont pourtant engagées durant des années pour une rapide européanisation de la Serbie ».
Sonja Liht en quelques phrases :
À propos des prisonniers : « Dans les tanks, les hélicoptères, les casernes, on n’a pas trouvé d’ennemis, mais des prisonniers tragiques d’une politique qui n’a pas voulu accepter la réalité des faits. » (Borba, juillet 1991)
À propos des bombardements : « Je répète de nouveau que la Fondation Open Society partage le sort de notre peuple. Toute sorte de violence, en particulier les représailles massives contre tout un pays et ses citoyens représentent une violation des valeurs fondamentales sur lesquelles repose le monde civilisé. » (Déclaration de la Fondation, 1999)
À propos du secteur non gouvernemental : « Tout le monde dit que nous avons trop d’organisations non-gouvernementales mais, en fait, il n’y en a pas assez. Avec le temps, nous pourrions voir qui travaille vraiment : si les citoyens et les citoyennes désirent conserver des vautours, pourquoi ne le feraient-ils pas ? » (Danas, novembre 2003)
À propos de l’avenir : « Je crois à l’avenir de cette société, et toutes les personnes qui ont travaillé avec moi croient en cet avenir. J’y croyais alors que tout portait à croire qu’il n’y avait pas d’avenir pour nous, j’y crois aujourd’hui encore beaucoup plus, bien que je sois consciente de la situation et des ennuis quotidiens. » (Propos tenus au Centre pour la décontamination culturelle, octobre 2003)
À propos de l’engagement : « Si, déçus et humiliés, nous décidons de nous retirer dans notre vie privée ou bien d’accepter une rhétorique vide et attrayante, alors nous devenons nous-mêmes complice de la destruction de notre propre vie et de notre avenir. Pour élire les meilleurs et les plus compétents responsables politiques, nous devons nous-mêmes apprendre et participer. » (Politika, 2007)













