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Minorités et migrations en BulgarieHommes et migrations N°1275 |
L’ONG Gay straight alliance a adressé aux candidats présidentiels un questionnaire sur leurs positions envers la population homosexuelle. Boris Tadić et Tomislav Nikolić ont refusé de répondre, seul Čedomir Jovanović apporte des réponses concrètes et se prononce pour des unions entre partenaires de même sexe.
Le questionnaire ne servira pas de soutien à aucun candidat, mais les réponses seront rendues publiques. D’après le communiqué de Gay straight alliance, cette enquête devrait permettre aux électeurs de mieux comprendre les positions et le contenu des programmes électoraux des candidats aux présidentielles à propos du statut de la population homosexuelle de Serbie.
Ce questionnaire envoyé à tous les candidats aux élections présidentielles, permet d’analyser en détail leur rapport envers les lesbiennes, les homosexuels, les bisexuels et les transsexuels, ainsi qu’envers les questions politiques concernant cette population.
Les analystes reconnaissent que les minorités sexuelles sont complètement marginalisées dans la vie politique du pays et que les candidats ne s’adressent pas à eux.
Y a-t-il de homosexuels dans votre entourage ? Avez-vous des problèmes dans la coopération quotidienne ou le travail commun avec ces personnes ? Soutenez-vous les unions homosexuelles, et si oui, sous quelle forme ?
Telles sont les questions adressées par Gay straight alliance à tous les candidats présidentiels. Le président de cette ONG, Boris Milićević, explique que l’objectif de l’action est de connaître les positions des candidats, pas de donner des indications de vote à la population homosexuelle.
« Nous n’allons pas indiquer aux homosexuels, lesbiennes et leur familles et amis pour qui ils doivent voter. Nous allons tout simplement communiquer les réponses des candidats et ce sera aux électeurs de se décider. L’objectif est d’introduire dans le débat politique électoral et postélectoral un problème qui n’est jamais abordé par les politiciens », explique Boris Milićević.
Les estimations internationales indiquent que le pourcentage de citoyens homosexuels varie entre 6 et 10% de la population totale dans toute société, ce qui représenterait environ 400 000 voix électeurs en Serbie.
Svetlana Logar, de l’agence Strategic marketing, explique que cette partie de la population est négligée dans les campagnes, et qu’aucun candidat présidentiel ne s’adresse à elle.
« Même si l’on sait bien qu’il s’agit d’un groupe important de personnes, la campagne présidentielle et beaucoup d’autres situations permettent de constater leur marginalisation sociale. La seule exception est le Parti libéral-démocratique (LDP), qui insiste à chaque fois sur les différences et sur la tolérance sans préciser un groupe social », dit Svetlana Logar.
Elle pense néanmoins que les réponses des candidats présidentiels aux questionnaires de Gay straight alliance - s’ils acceptent de répondre - seront très générales, parce que la majorité des électeurs serbes n’est pas prête à reconnaître ces différences.
Boris Tadić et Tomislav Nikolić ont refusé de répondre
Les deux principaux candidats à l’élection présidentielles, Boris Tadić et Tomislav Nikolić ont refusé de répondre au questionnaire, auquel ont répondu quatre candidats : Milanka Karić (PSS), Ištvan Pastor (Union des Hongrois de Voïvodine), Jugoslav Dobričanin (Parti réformiste) et Čedomir Jovanović (LDP). Ce dernier apporte les réponses les plus concrètes, et il est le seul à se prononcer en faveur d’unions entre partenaires de même sexe, diférentes du mariage. Cette perspective est catégoriquement rejetée par Ištvan Pastor.












