
DONNÉES GÉNÉRALES :
Nom officiel : République de Serbie
Superficie : 88.361 km² (dont Kosovo 10.877 km²)
Population : 9,8 millions (dont Kosovo 2 millions), soit 84,4 hab/km² (en 2002)
Capitale : Belgrade
Villes principales : Belgrade, Novi Sad, Niš
Langue officielle : serbe
Monnaie : dinar
Fête nationale : 15 février
Données démographiques
Croissance démographique : -0,1%/an
Espérance de vie : 73 ans (en 2002)
Taux d’alphabétisation : 98% (en 2002)
Religion(s) : orthodoxe, catholique, musulmane, juive, protestante
Données économiques
PIB à parité de pouvoir d’achat (PPP) (2006) : 47 milliards USD (FMI) (France : 1.830 milliards USD en 2005)
PIB à PPP par habitant (2006) : 5.348 USD (France : 26.510 euros en 2004)
Taux de croissance (2006) : +5,8%
Taux de chômage (2004) : plus de 20%
Taux d’inflation (2006) : 6,6% ; comptes publics : excédent de 1% du PIB en 2006
Balance des paiements courants : déficit de 10,5% du PIB en 2006 (taux de couverture commercial de 49%)
Principaux clients : Italie (14% de parts de marché), Bosnie-Herzégovine (12%), Allemagne (10%), A.R.Y.Macédoine (4,7%), Russie (4,5%), Croatie (4%), France (3,8%)
Principaux fournisseurs : Russie (16,5%), Allemagne (9,5%), Italie (8,3%), Chine (5,6%), France (2,8%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
GÉOGRAPHIE :
La Serbie est composée de deux ensembles distincts. Au nord, la Voïvodine se trouve dans la grande plaine pannonienne, qui est géographiquement située en Europe centrale. La Voïvodine est séparée de la Serbie centrale par la Save et le Danube. La plus grande partie de la Serbie centrale est couverte de montagnes basses ou moyennes. Au centre, à l’ouest et au sud-ouest du pays, ces montagnes appartiennent aux Alpes dinariques ; à l’est, elles appartiennent aux Carpates, aux monts du Grand Balkan et aux Monts Rhodopes.
Tous les cours d’eau de Serbie appartiennent à trois bassins versants : celui de la mer Noire, celui de la mer Adriatique et celui de la mer Égée. Les cours d’eau navigables les plus longs de Serbie sont le Danube (588 km), la Save (206 km), la Tisa (168 km) et la Velika Morava (sur 185 km). Parmi les autres rivières importantes du pays, on peut citer la Zapadna Morava (308 km), la Južna Morava (295 km), l’Ibar (272 km), la Drina (220 km) et le Timok (202 km).
Le climat de la Serbie est continental modéré.
La Serbie compte 5 parcs nationaux, 120 réserves naturelles, 20 parcs naturels et environ 470 sites naturels protégés.
La Serbie a 8 pays limitrophes : elle a des frontières avec la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Macédoine, le Kosovo, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie.
HISTOIRE :
La révolution démocratique du 5 octobre 2000 a mis fin au long règne de Slobodan Milošević, mais les nouveaux dirigeants serbes ont bien du mal à liquider les comptes du passé. La collaboration avec le Tribunal pénal international est longtemps restée incertaine, même si la Serbie a transféré en 2003 vers La Haye tous les inculpés se trouvant sur son territoire, à la seule exception du général Ratko Mladić, qui résiderait toujours en Serbie. Les anciennes structures du régime de Slobodan Milošević, particulièrement fortes dans l’armée et la police, ont prouvé leur puissance en orchestrant l’assassinat du Premier ministre réformateur Zoran Djindjic, le 12 mars 2003. Depuis ce crime, une vaste campagne a été lancée contre le crime organisé, qui passe aussi par une reprise en main des services de sécurité.
La Serbie a connu des redéfinitions majeures de son territoire ces dernières années, du fait de l’indépendance du Monténégro en 2006 et de la proclamation unilatérale d’indépendance du Kosovo en 2008.
En mars 2002, suivant les accords de Belgrade, conclus sous l’égide de l’Union européenne, la République fédérale de Yougoslavie (RFY) a été remplacée provisoirement par une nouvelle Union de Serbie-et-Monténégro (USM), proclamée le 5 février 2003. Puis le Monténégro a déclaré son indépendance le 3 juin 2006.
Quant au Kosovo, province autonome au sein de la République de Serbie placé sous administration provisoire des Nations unies depuis juin 1999, il a déclaré unilatéralement son indépendance le 17 février 2008. Cette indépendance n’a pas été reconnue par Belgrade qui veut s’en tenir à une stricte application de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, qui prévoit une « large autonomie » pour le territoire, mais dans le cadre du « respect de l’intégrité territoriale » de la Serbie. La communauté internationale, quant à elle, est très divisée sur la question. La question des minorités demeure cruciale au Kosovo : depuis juin 1999, quelque 200.000 citoyens serbes et rroms ont été chassés du Kosovo par l’extrémisme albanais, tandis que les derniers 100.000 Serbes qui vivent toujours dans la province sont soumis à des violences et à un harcèlement constant.
La Serbie doit aussi faire face aux défis, trop longtemps, différés, d’un pays en transition : le passage d’une économie socialiste à une économie de marché est à peine amorcée, et la nouvelle Serbie démocratique, qui voudrait avancer à marche forcée vers l’intégration euro-atlantique doit mener à bien d’importantes et difficiles réformes structurelles. Le pays jouit pourtant d’une position géographique privilégiée et d’infrastructures de bon niveau, malgré les conséquences des sanctions internationales et des bombardements de l’Otan du printemps 1999. Si la Serbie parvenait à réussir sa mue, nul doute qu’elle pourrait rapidement redevenir une puissance centrale à l’échelle du sud-est de l’Europe.
Ces réformes sont pourtant compromises par d’incessantes divisions politiques. Vojislav Koštunica, le « tombeur » de Milošević, dernier Président fédéral yougoslave (octobre 2000-février 2003) a pris la tête du camp nationaliste et conservateur réticent aux réformes, tandis que les réformateurs sont eux-mêmes divisés. Les héritiers directs de Zoran Đinđić, notamment le nouveau Premier ministre, Zoran Živković, sont désormais en conflit ouvert avec les experts réformateurs du G17 Plus, menés par Mlađan Dinkić.
Le pays doit enfin marquer des points décisifs et durables dans la lutte contre la criminalité organisée, et parvenir à régler la question du sud de la Serbie, où une nouvelle guérilla albanaise (AKSh) menace de s’étendre.
POLITIQUE :
Président de la République : M. Boris Tadić (DS)
11 juin 2004 - 5 juin 2006 (Serbie-et-Monténégro),
05 juin 2006 - 15 février 2008,
et depuis le 15 février 2008
Gouvernement (2004)
Premier ministre : M. Vojislav Koštunica (DSS) : démission le 8 mars 2008
Vice-Premier ministre : M. Božidar Đelić (DS)
Ministres :
Parlement
Président du Parlement : M. Oliver Dulić (DS)
Prochaines élections législatives (anticipées) : 11 mai 2008
Le 11 mai 2008, 6,7 millions de Serbes sont appelés aux urnes pour la 3e fois en 16 mois. Le 21 janvier 2007, les Serbes ont élu leur Parlement et, le 3 février 2008, désigné leur Président de la République en la personne du Chef de l’État sortant, Boris Tadić (Parti démocrate, DS). 14 jours après ce scrutin, le 17 février, le Kosovo déclarait unilatéralement son indépendance provoquant une crise politique en Serbie, pays déjà en proie à une crise économique et sociale.
L’ancienne province considérée par les Serbes comme le berceau de leur histoire aura finalement eu raison du gouvernement serbe, puisque le 8 mars dernier, le Premier ministre Vojislav Koštunica (Parti démocratique de Serbie, DSS) présentait sa démission, entraînant la tenue d’élections législatives anticipées le 11 mai, le même jour que les élections municipales. Les Serbes du Kosovo pourront participer au scrutin parlementaire mais non aux élections municipales.
L’Assemblée nationale est la Chambre unique du Parlement serbe. Elle compte 250 membres élus pour 4 ans au scrutin proportionnel au sein d’une circonscription unique. Chaque liste électorale doit obtenir au moins 10.000 signatures de citoyens pour concourir.
La loi électorale a été réformée en 2006 et le seuil obligatoire de 5% des suffrages exprimés pour être représenté au Parlement a été aboli, une réforme qui devrait permettre aux minorités (rrom, hongroise, croate, roumaine, bosniaque, etc.) d’obtenir entre 1 et 3 sièges. La communauté internationale a insisté pour que les minorités soient mieux représentées dans l’Assemblée nationale. Mais la règle permettant aux formations représentant des minorités de ne recueillir que 3.000 signatures a été modifiée par la Cour constitutionnelle, à un mois des élections du 11 mai 2008 : ceux-ci devront recueillir 10.000 signatures pour pouvoir présenter des listes. Cette décision risque d’exclure du scrutin beaucoup de ces partis, qui dénoncent cette décision de dernière minute, prise à la suite de pressions du Parti radical serbe (SRS).
Enfin, chaque liste doit obligatoirement comprendre au moins 30% de femmes parmi ses candidats.
11 formations politiques sont actuellement représentées à l’Assemblée nationale :