« Petits peuples » et minorités nationales des BalkansDécouvrez notre nouveau cahier |
Comprendre les Balkans.
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Balkans : la mosaïque brisée. Frontières, territoires et identitésLe nouveau livre de Jean-Arnault Dérens |
Courrier de la planète : Balkans, un avenir européen |
Par Jacqueline Dérens
Cet ouvrage qui rassemble des contributions de chercheurs en sciences humaines sera un outil précieux pour tous ceux et celles qui militent pour que les persécutions dont les femmes sont victimes soient prises en compte et combattues avec efficacité.
Ces persécutions « genrées », s’appuient sur l’inégalité des relations entre hommes et femmes, sur des relations de pouvoir. C’est pourquoi la violence contre les femmes n’est pas réservée aux « autres », mais nous concerne tous. Elle n’est pas le fait de quelques cas de comportement masculin « anormaux » ou « aberrants », mais fait partie de notre quotidien. Ces comportements ne sont pas le monopole des classes dangereuses, la violence concerne tout autant les classes éclairées, les pays pauvres comme les pays riches.
De nombreuses contributions font l’étude de cas de violences « genrées » dans les conflits armés des vingt dernières années. Les conflits dans l’ex-Yougoslavie et au Rwanda ont été les lieux où le viol a été systématiquement pratiqué, le soldat violeur affirmant ainsi son identité masculine hétéro-nationale, supérieure et différente de celle de sa victime dont l’identité nationale est infériorisée comme féminine par le viol.
C’est le TPIY qui pour la première fois a reconnu et jugé la violence sexuelle comme un crime de guerre distinct et comme un crime contre l’humanité. Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale considère également le viol (et les grossesses forcées) comme un crime de guerre et un crime contre l’humanité. On estime à plus de 20.000 le nombre de femmes et fillettes qui ont été violées dans l’ex-Yougoslavie. Les viols collectifs dans les camps de viol ont été conceptualisés dans la logique de la politique de la purification ethnique.
La contribution sur l’évolution du droit international pénal montre comment les conflits en ex-Yougoslavie ont fait évoluer ce droit. Alors que l’article 27 §2 de la quatrième Convention de Genève interdit le viol, la formulation même de cet interdit laisse songeur « ... Les femmes seront spécialement protégées contre toute atteinte à leur honneur, et notamment contre le viol, la contrainte à la prostitution et tout attentat à leur pudeur... ». À partir de 1992, plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies mèneront à la reconnaissance du viol et des violences sexuelles commis contre les femmes pendant les conflits armés comme des crimes des crimes portant atteinte à l’intégrité physique et mentale des femmes.
L’ouvrage met l’accent sur le fait que les violences « genrées » ne sont pas propres à un groupe, mais ont un caractère transnational lié aux rapports inégalitaires de genres entre hommes et femmes. Ce qui rend difficile pour les femmes persécutées de trouver refuge à l’étranger où elles se heurtent au rejet des demandes d’asile et aux multiples dénégations de leur sort.
La troisième partie du livre fournit des exemples des difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir un droit d’asile ou un statut de réfugié en citant des actions et des témoignages d’associations qui accueillent et défendent les femmes victimes de persécutions.













