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lundi 26 octobre 2009
Un panneau « Bienvenue au Monténégro » a été installé à six kilomètres à l’intérieur des terres du Kosovo... Alors que les deux pays oeuvrent en vue d’établir des relations diplomatiques, cet événement n’a pas manqué de susciter l’inquiétude et la colère de la population locale.
Par Petrit Collaku

Tandis que le gouvernement du Kosovo attend la réponse du Monténégro à son invitation d’établir des relations diplomatiques en bonne et due forme, les résidents de cinq villages kosovars craignent de perdre leurs terres.
Leur inquiétude a commencé lorsqu’un panneau de signalisation sur la route indiquant « Bienvenue au Monténégro » a été installé… à environ six kilomètres à l’intérieur du territoire du Kosovo.
« La frontière avec le Monténégro est connue depuis des siècles ! », déclare Sadri Zeka, un représentant des cinq villages. « Les panneaux sont placés sur nos terres, qui ont été cultivées par nos ancêtres », insiste-t-il.
Sadri Zeka assure que la population concernée pourrait y perdre ses terres, si le gouvernement du Kosovo ne prenait pas des mesures sans tarder.
« Maintenant, nous avons un État. Cet État devrait défendre nos droits ! », tonne Sadri Zeka. Il dit que les villageois ont organisé une manifestation pacifique, mardi 20 octobre 2009, afin d’exiger le retrait du panneau routier. « Le gouvernement du Kosovo devrait être très prudent et ne pas laisser un centimètre de notre territoire au Monténégro. Nous ne voulons pas connaître le même sort que les villageois qui vivent près de la frontière macédonienne », prévient-il.
Il admet que les déclarations du vice-Premier ministre du Kosovo, Hajredin Kuqi, ont tout de même calmé quelque peu les craintes de la population. « Nous nous sommes détendus un peu, car le vice-Premier ministre a dit que l’entente avec le Monténégro était plus facile à obtenir qu’avec la Macédoine », raconte Sadri Zeka. Le Kosovo et la Macédoine ont en effet signé un accord sur leur frontière commune durant le week-end.
« Nous considérons que les panneaux routiers ne déterminent pas la frontière réelle entre le Kosovo et le Monténégro », a expliqué au Balkan Insight Fisnik Rexhepi, conseiller politique au ministère de l’Intérieur.
Fisnik Rexhepi précise que les réalités politiques ne sont pas déterminées par de simples panneaux routiers. « Les frontières du Kosovo sont reconnues internationalement. Il n’y a aucune raison de s’inquiéter », poursuit-il.
Il insiste sur les bonnes dispositions réciproques de son ministère et de son homologue monténégrin, au point de préparer le début des pourparlers portant sur l’élargissement des relations bilatérales.
« Nous avons rencontré leur ministre de l’Intérieur ici à Bruxelles, et nous entendons entamer sous peu les discussions techniques. Encore une fois, il n’y pas du tout lieu de s’inquiéter », assure Fisnik Rexhepi.