Cet article a été imprimé sur : http://balkans.courriers.info/article19999.html
mercredi 23 mai 2012
Tomislav Nikolić a, certes, été élu président de la République dimanche, mais aucun parti ne dispose de la majorité absolue au Parlement. L’heure des grandes tractations a donc commencé pour former une nouvelle coalition. Le SPS d’Ivica Dačić est, plus que jamais, en position d’arbitre, mais les négociations pourraient être très longues...
Par Philippe Bertinchamps

(Avec B92 et Blic) - Deux jours après le second tour des élections présidentielles serbes, le vice-président du Parti socialiste de Serbie (SPS), Dušan Bajatović, a averti que le nouveau gouvernement serait long à former, la victoire « surprise » de Tomislav Nikolić ayant ouvert de nouvelles « possibilités mathématiques ».
Retrouvez notre dossier :
Présidentielle en Serbie : élection surprise de Tomislav Nikolić
Le SPS qui a remporté 15 % des voix aux élections législatives, ce qui en fait la troisième force politique du pays, a déclaré ce lundi qu’il préférait voir le chef de l’État sortant et dirigeant du Parti démocratique (DS), Boris Tadić, devenir Premier ministre. Celui-ci a décidé qu’il allait entamer les discussions avec ses partenaires de coalition (SPS-PUPS-JS), conformément à l’accord conclu au lendemain des élections législatives du 6 mai.
Sur 250 sièges au parlement, le SNS en a obtenu 73, le DS 63 et le SPS 44.
Au soir de sa défaite électorale, Boris Tadić avait déclaré qu’il ne se présenterait pas au poste de Premier ministre. Le nom de Dragan Đilas avait alors circulé, mais celui-ci, réélu maire de Belgrade le 6 mai, a à son tour décliné l’offre.
Du côté du SNS, la candidate au poste de Premier ministre est Jorgovanka Tabaković, une économiste, haute fonctionnaire du parti et ancienne présidente de la Commission des Finances. S’il veut entrer au gouvernement, le SNS, qui n’a pas obtenu de majorité suffisante, aura besoin de former une coalition. Le Parti démocratique de Serbie (DSS) de Vojislav Koštunica, qui a obtenu 21 sièges au parlement, lui a offert son soutien.
Mardi soir, le chef du SPS Ivica Dačić a confirmé qu’aucun accord n’avait été signé avec aucun parti. « Aucune proposition n’était acceptable pour notre coalition », a-t-il déclaré, rappelant qu’il s’était fermement opposé à la tenue d’élections présidentielles anticipées « à cause du risque d’instabilité politique » qu’elles pourraient entraîner. « La Serbie est encore loin de former un gouvernement, compte tenu des résultats aux législatives », a-t-il indiqué, évoquant la possibilité que sa coalition entre dans l’opposition.
Les tractations pourraient durer jusqu’en septembre. Si aucun accord n’est trouvé d’ici là, les électeurs retourneront aux urnes.