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jeudi 5 juillet 2012
À la place de leurs salaires impayés depuis huit mois, les ouvriers de la fabrique d’autobus Neobus de Novi Sad ont reçu des colis contenant du pâté et des produits hygiéniques. Il y a trois ans, Boris Tadić avait affirmé que Neobus était « le meilleur exemple de privatisation en Voïvodine ». Le repreneur saoudien de l’entreprise serait actuellement en vacances à Cannes.
Par Norbert Šinković

« On ne demande qu’à être payé et à continuer à travailler. Les ouvriers sont mécontents. C’est à peine s’ils ont de quoi manger. Ils viennent ici pour tenir le piquet de grève. À plusieurs reprises, nous avons envoyé des mails au propriétaire, mais nous n’avons jamais reçu de réponse. On aurait voulu savoir ce qu’il pense de Neobus et de ses ouvriers. Nous avons demandé l’aide de la province de Voïvodine et de la municipalité de Novi Sad. Si Dragan Đilas, le maire de Belgrade, a pu sauver PKB, pourquoi ne pourraient-ils en faire de même avec nous », demande Milan Šuštum, le président du syndicat de l’entreprise.
Le secrétaire régional pour le travail et pour l’emploi, Miroslav Vasin, a réussi à leur assurer la sécurité sociale et a fait en sorte de leur envoyer des colis, tout en promettant aux ouvriers qu’il se battait pour leurs salaires. En attendant l’aide des autorités provinciales, les ouvriers sont désespérés.
« Il y a trois ans, l’ancien président Boris Tadić nous a rendu visite et il a affirmé que Neobus était le meilleur exemple de privatisation à Novi Sad. Et aujourd’hui, que nous reste-t-il ? Un sac plastique rempli de pâté », dit un des grévistes.
Neobus accumule un déficit de près de 4,5 millions d’euros. C’est la raison pour laquelle le propriétaire majoritaire souhaite vendre sa part de plus de 86% des actions. Le propriétaire en question est l’entrepreneur saoudien Ala Magrabi Mohamedali qui, selon nos informations, se trouverait actuellement à Cannes en vacances.