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jeudi 9 août 2012
Durant six ans, de 2000 à 2006, l’OTAN a « omis » de verser à des personnels civils locaux employés de la mission SFOR les primes et les cotisations sociales. Lundi, 70 anciens employés de la SFOR et d’Eufor-Althea ont manifesté devant la base de Butmir, près de Sarajevo. Ils promettent d’autres actions en septembre.
Ces anciens employés locaux des missions militaires ont été recrutés dès 1996 comme chauffeurs, cuisiniers, personnel d’entretien et femmes de ménage, pour des salaires moyens d’environ 325 euros par mois, avec des primes de 150 euros pour les repas et les transports. Durant six ans, de 2000 jusqu’en 2006, les protestataires affirment que cette prime n’a jamais été versée, de même que les contributions sociales n’étaient pas payées.
Fikreta Podrug, la porte-parole des protestataires, estime que l’OTAN lui doit une somme totale de l’ordre 15 à 25.000 euros, précisant que ces sommes varient d’une personne à l’autre, en fonction du nombre d’années travaillées.
La plupart de ces employés ont été licenciés l’an dernier, mais ils n’osaient pas réclamer ou protester. Nijaz Mufić’O, qui a travaillé durant 16 ans comme chauffeur, explique qu’il conduisait un autobus sans aucune protection, à une période où il y avait encore des tirs. « Au sortir de la guerre, il n’y avait pas de travail, nous n’avions pas d’autres choix que d’accepter ces contrats », explique-t-il, en ajoutant : « ils sont venus nous montrer ce qu’était la démocratie, mais ce sont les plus mauvais patrons de Bosnie ».
Indignée, Fikreta Podrug a déclaré que pendant les trois heures de manifestation devant le camp, aucun représentant de l’Otan ou de l’Eufor n’a cherché à les contacter, « mais nous allons réfléchir à une autre forme d’action à partir du 1er septembre », a-t-elle ajouté.