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Sanda Rašković Ivić, une « héritière » à la tête du Parti démocratique de Serbie

Traduit par Persa Aligrudić
Vojislav Koštunica a définitivement tiré sa révérence sur la scène politique. Sanda Rašković Ivić lui succède à la tête du DSS. Cette « héritière » du nationalisme serbe, est la fille du docteur Jovan Rašković, fondateur du SDS de Croatie.

Par J. T.

Vojislav Koštunica, l’insubmersible fondateur et dirigeant du Parti démocratique serbe (DSS) avait annoncé sa démission le 19 mars dernier, à la suite de l’échec électoral du parti, évincé du Parlement. Il a été remplacé par Sanda Rašković Ivić. Lors de sa première apparition devant la presse dans ces nouvelles fonctions, elle a annoncé qu’elle ne changerait pas le programme du parti mais seulement sa tactique.

Le DSS va rester un parti d’opposition, hostile à l’Otan, eurosceptique et conservateur de centre-droit, dont les options stratégiques sont la neutralité politique et militaire de la Serbie. Ce qui va changer, c’est son statut en raison de la décentralisation et de la démocratisation du parti. La nouvelle présidente veut rendre le programme du parti plus proche des citoyens, afin que le DSS retrouve au plus vite les bancs du parlement, et soit le pilier du rassemblement d’un bloc national qui doit s’opposer aux changements de la Constitution de la Serbie, à l’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN. Sanda Rašković Ivić a annoncé qu’elle serait directement accessible aux journalistes pour répondre à toutes leurs questions.

« L’héritière » de Koštuniča ne cache pas qu’elle est fière et heureuse qu’une femme parvienne à la tête d’un parti « souvent accusé de machisme ». Elle considère que les choses changent à ce sujet, aussi bien au sein du DSS qu’en Serbie. Bien que la campagne, selon elle, n’ait pas été fair play, Sanda Rašković Ivić souligne que le congrès du 13 octobre s’est d"roulé sans problème et qu’elle s’attend à ce que ses collègues du parti, dont certains sont courroucés par son élection, restent dans la « maison commune ». Elle n’a pas encore eu de contact avec Vojislav Koštunica mais elle espère le rencontrer et compte sur son aide et ses conseils.

Sanda Rašković Ivić suit, autant professionnellement que politiquement, la voie de son père, psychiatre, académicien et politicien, feu Jovan Rašković (1929-1992). Ce dernier fut, à Šibenik, le fondateur du Parti démocratique serbe de Croatie (SDS).

Elle a terminé ses études de médecine à Zagreb, faisant une spécialisation en psychiatrie. Elle a passé son doctorat à Belgrade, et a suivi une carrière réussie de médecin tant en Croatie qu’en Serbie. Politiquement, elle s’est engagée au Centre Démocratique et, depuis 2003, au DSS. Elle a occupé plusieurs fonctions publiques : commissaire aux réfugiés, présidente du Centre de coordination pour le Kosovo et Metohija, membre de l’équipe de Belgrade dans les négociations avec Pristina menées sous la médiation de Marty Ahtisaari, ambassadeur de Serbie en Italie, députée du DSS...

Dans sa biographie, une place importante est occupée par son travail humanitaire avec les familles réfugiées, les femmes violées et les prisonniers des camps. Elle est l’auteur d’une cinquantaine de travaux scientifiques et professionnels, de deux monographies, d’essais sur le thème de l’orthodoxie, des réfugiés et du Kosovo et Metohija. Elle parle l’anglais, l’italien, le français et l’espagnol. Elle est l’épouse de l’académicien Aleksandar Ivić et la mère de trois enfants.

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