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Grèce : Zoé Konstantopoulou, une juriste militante à la tête du Parlement

Traduit par Laurelou Piguet
Zoé Konstantopoulou a été élue le 6 février présidente du Parlement grec avec 235 voix sur 298 votants. À 38 ans, elle devient la plus jeune élue à cette fonction. C’est aussi la présidente la mieux élue dans l’histoire de cette institution, et la deuxième femme à accéder à cette fonction dans l’histoire de la République grecque. Portrait d’une militante.

Née à Athènes en 1976, fille de l’ancien président du Synaspismos et d’une journaliste, Zoé Konstantopoulou a étudié le droit à Athènes, Paris et New York, en se spécialisant dans les droits de la personne et le droit pénal national, européen et international. Elle est avocate, inscrite au barreau d’Athènes, et c’est elle qui a assuré la défense de la famille du jeune Alexis Grigoropoulos, assassiné par la police le 6 décembre 2008.


Retrouvez notre dossier :
Grèce : Syriza face au mur de l’austérité et de l’intransigeance allemande 


Militante active dès ses années étudiantes, elle a été membre de diverses associations, dont l’Union européenne des étudiants en droit (ELSA) ce qui lui a permis de suivre les travaux préparatoires à la création de la Cour pénale internationale (CPI) et de faire un stage au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Parallèlement à ses études, elle a participé à un programme dispensant une aide juridique gratuite en collaboration avec l’Université.

À Paris, où elle a poursuivi ses études à la fin des années 1990, elle a travaillé dans un programme d’éducation à destination des prisonniers en donnant des cours d’anglais à des détenus de la prison de Fresnes.

« Je suis entrée en politique car je considère du devoir de ma génération de prendre son destin en main », affirme-t-elle lors de sa première participation aux élections européennes de 2009, sous les couleurs de Syriza. Elle est élue en 2012 députée dans une circonscription d’Athènes. À ce titre, elle a participé à de nombreuses commissions sur la justice, la transparence politique, les institutions, les affaires européennes et la question des réparations de guerre de l’Allemagne à la Grèce. Très assidue aux travaux parlementaires, elle se fait remarquer par ses nombreuses questions d’actualité. Elle serait d’ailleurs connue pour sa tendance à interrompre ses interlocuteurs et à monopoliser la parole en assemblée !

Malgré son élection triomphale à la présidence du Parlement, Zoé Konstantopoulou a rapidement été critiquée par l’opposition qui l’a décrite comme la présidente de son groupe parlementaire, et non « de tous les députés », parce qu’elle a évoqué sa revendication de l’effacement d’une partie de la dette. La nouvelle présidente souhaite des changements profonds dans le fonctionnement du Parlement pour refonder la confiance de la société envers ses institutions. « Les députés ne doivent pas applaudir bêtement les représentants du gouvernement ou de l’opposition, mais être véritablement actifs », souligne-t-elle.

On la décrit parfois comme ambitieuse, mais aussi très sérieuse et travailleuse, n’hésitant pas à aller au conflit quand elle le juge nécessaire.

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