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Le Courrier des Balkans

Miro Cerar, le nouveau « bon élève » de la politique slovène

De notre correspondante à Zagreb
En Slovénie, c’est un petit nouveau qui pourrait bien créer la surprise aux législatives anticipées du 13 juillet prochain : Miro Cerar, 51 ans, un professeur de droit au physique de premier de classe, qui a pour ambition de « combler le fossé idéologique entre la gauche et la droite ». Tout un programme !

Par Laetitia Moréni

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Miro Cerar

Il a un physique de premier de classe. Lunettes discrètes et costards-cravates, Miro Cerar est depuis quelques semaines le professeur de droit le plus médiatisé de Slovénie. Ce juriste, professeur à l’université de Ljubljana, et qui a participé à la rédaction de la constitution slovène, s’est engagé récemment en politique. Et sa formation, le « parti de Miro Cerar », fait une réelle percée dans les sondages. Il pourrait bien être la surprise des élections législatives anticipées qui auront lieu le 13 juillet prochain.

Né en 1963, Miro Cerar bénéficie d’une certaine notoriété et propose aux citoyens slovènes de dépasser les clivages habituels entre les partis politiques. Ni conservateur, ni progressiste, son mouvement explique « combler le fossé idéologique entre la gauche et la droite ». Un défi dans un pays comme la Slovénie où les divisions politiques structurent la société depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette nouvelle option semble pourtant retenir l’attention de beaucoup de citoyens, déçus par les partis traditionnels et les scandales qui secouent le pays depuis des années.

Corruption et démissions, un feuilleton qui n’en finit pas

Le 5 mai dernier, le Premier ministre Alenka Bratušek renonçait à ses fonctions suite à sa défaite lors des primaires organisées par son parti Slovénie positive (SP). Son gouvernement est donc le troisième à mettre prématurément un terme à son mandat, entraînant ainsi les législatives anticipées du 13 juillet. Quelques semaines plus tard, c’est Janez Janša qui faisait de nouveau parler de lui. L’ancien Premier ministre et chef de l’opposition a été incarcéré le 20 juin à la prison de Dob, après avoir été condamné à deux ans de réclusion pour corruption dans l’affaire du contrat d’armement « Patria » entre la Slovénie et la Finlande.

Au niveau économique, la récession a frappé le pays en 2012, au point que certains observateurs craignaient à l’époque un scénario similaire à celui de Chypre. Depuis, les mesures d’austérité et le très faible retour à la croissance (le PIB ne devrait progresser que de 0,2% en 2014) laissent peu de place à l’optimisme. La santé économique de la Slovénie reste très fragile.

C’est dans ce contexte que Miro Cerar est arrivé sur le devant de la scène. Ce passionné de droit constitutionnel, qui a publié plusieurs ouvrages sur l’éthique, les questions sociales et humaines, apparaît comme un homme respectable et respecté. Il pourrait récupérer les voix des électeurs qui avaient voté pour l’ancien maire de Ljubljana, Zoran Janković, aux législatives de 2011. Ce businessman d’origine serbe, avait gagné sans programme, avec des candidats présentés à la dernière minute sous l’étiquette de Slovénie positive.

C’est le 13 juillet que les Slovènes sont appelés aux urnes, même si beaucoup de citoyens seront en vacances. Des élections en plein été entraînent rarement un taux de participation élevé. Le parti Solidarité a d’ailleurs annoncé qu’il allait déposer un recours auprès de la Cour constitutionnelle. En attendant, Miro Cerar continue sa campagne électorale et beaucoup d’observateurs lui prédisent un bel avenir. On lui prête le même style que l’ancien Premier ministre Janez Drnovšek, devenu par la suite Président de la République. D’après les sondages, son parti devrait remporter près de 20% des suffrages aux élections du 13 juillet.

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