Le héros et le pasteur : vers un ticket McCain-Huckabee ?
Romney contrarié dans sa stratégie, Guiliani pêchant par dilettantisme, les commentateurs politiques et les Républicains commencent à imaginer une alliance à terme entre le sénateur faucon John McCain et l’ancien pasteur baptiste Mike Huckabee. Un ticket qui ne manque pas d’atouts pour la Maison Blanche.
"Ne jamais dire jamais en politique" : telle est la leçon qu’administre la campagne de John McCain, déclaré perdu il y a quelques semaines et désormais largement en tête dans les sondages pour la primaire républicaine du New Hampshire. Boudé par l’establishment républicain quand Romney montait dans les intentions de vote, il devient l’objet de toutes les attentions des caciques du parti. Plus rassembleur que Romney, plus sérieux que Rudy Guiliani, plus respecté que George Bush, lui qui a passé cinq années de sa vie en captivité dans un camp Vietcong, McCain joue dans le New Hampshire un coup qui pourrait s’avérer décisif. S’il l’emporte, Huckabee et lui auront anéanti la stratégie de Romney qui reposait entièrement sur le caucus de l’Iowa et cette primaire, et ils feront apparaître Guliani comme l’homme qui voulait être Président des Etats-Unis, mais sans faire campagne !
A tel point que l’on imagine déjà un ticket McCain-Huckabee, parfaitement complémentaire sur le plan du marketing électoral : à McCain la crédibilité en politique étrangère, le soutien des lobbies de la Défense, l’intérêt des classes aisées des côtes Est et Ouest, à Huckabee, l’Amérique populaire du Centre et du Sud, et le vote des chrétiens évangéliques. Les deux hommes ne manquent pas d’atouts : ils sont tous deux respectés, semblent indépendants des milieux d’affaires et parlent de l’Amérique, par ses deux versants, patriotiques et religieux. Ils incarnent une synthèse molle de ce qui a fait le succès des Républicains depuis une dizaine d’années : la droite religieuse et l’impérialisme en politique étrangère. Pourtant il est un point qui les différencie fortement de l’ère du Big Business Government : ce qui est stigmatisé comme "populisme" mais qui pourrait s’avérer électoralement payant à l’heure de la crise des subprimes et des 40 millions d’Américains sans couverture maladie digne de ce nom. Et McCain, qui s’est opposé à l’usage de la torture en Irak et à Guantanamo, peut légitimement apparaître à distance de l’épouvantail Cheney-Rumsfeld.
Avec un ticket McCain-Huckabee, encore totalement hypothétique aujourd’hui (d’autant qu’ils pourraient très bien se retrouver dans une situation de face à face destructeur), la configuration des Républicains pourrait être gagnante... Qu’en pensez-vous ?
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