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Secousses sismiques en Macédoine : la terre a tremblé 300 foisTraduit par Béatrice André
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Publié dans la presse : 25 mai 2009
Mise en ligne : mardi 26 mai 2009
L’Observatoire sismologique de Skopje a recensé 300 secousses dans le sud-est de la Macédoine. Ces secousses, atteignant une magnitude 5 sur l’échelle macrosismique européenne (EMS), secouent la région de Bogdanci et de Valandovo depuis le 23 mai. L’épicentre a été localisé à 125 km au sud de Skopje. D’après les spécialistes, même si les secousses se poursuivent, rien ne présage la venue de séismes plus importants. La population cède pourtant à la panique.
La secousse la plus forte, de magnitude 7, s’est produite à 18h17 dimanche 24 mai, suivie de deux secousses de magnitude 6. Gordana Jankuloska, ministre de l’Intérieur et des Affaires sociales, et Xhelal Bajrami, directeur de la cellule de crise « Pande Lazarevski », ont visité la région dimanche soir. Ils ont été suivis lundi par les représentants des institutions compétentes en matière de gestion des tremblements de terre. Équipes médicales et pompiers vont être déployés dans la zone touchée par les secousses. Les ambassades de États-Unis et d’Allemagne ont également offert leur aide. Personne n’a été blessé par la série de séismes, mais elle a semé la panique chez les habitants et les a dissuadés de rentrer chez eux. Vera Cejkovska de l’Observatoire sismique de Skopje ne voit pourtant pas de raison de s’alarmer. « Il n’est pas nouveau que la zone soit encore active sismiquement, et nous avons déjà eu de telles séries de secousses. Les séismes les plus forts sont souvent de force moyenne, autour de 5 sur l’échelle EMS, il ne faudrait pas que cela provoque la panique parmi la population, le risque de dégâts concernant uniquement les bâtiments vraiment délabrés. Ces séries de tremblements se produisent régulièrement dans la zone de Valandovo, tous les dix ou vingt ans. Il est difficile de prévoir ce qui peut se passer à l’avenir », explique Vera Čejkovska. Selon elle, la population est consciente des événements sismiques du siècle et du millénaire derniers dans cette zone, – dont le tremblement de terre historique de 1963 qui détruisit Skopje – alors que beaucoup de tremblements de terre identiques ont secoué la zone sur des cycles de mille ans, comme le séisme qui détruisit une ville antique aux alentours de Marvinci. Le dernier séisme date de 1931, avec une magnitude de 10 sur l’échelle de Mercalli. « Le tremblement de terre d’alors s’était produit suite à une grosse accumulation d’énergie sismique. Selon la logique, nous ne devrions pas connaître de séismes du même type aujourd’hui », affirme Vera Čejkovska. Les Balkans se trouvent sur la grande plaque tectonique euro-asiatique dont l’écorce est fissurée à de nombreux endroits, ce qui crée des microplaques. Vera Čejkovska explique : « Valandovo et Skopje se trouvent sur ces microplaques, qui fonctionnent en parallèle de la plaque principale, et engendrent une activité sismique. Le réseau de fissures entre ces deux villes crée une situation sismotectonique, on peut donc imaginer que les tremblements de terre à Valandovo pourraient causer des tremblements de terre à Skopje. De manière plus hypothétique, des réactions sismiques pourraient même se répercuter jusqu’à Dojran (extrême sud du pays), Kukuš (Kilkis, aujourd’hui en Grèce) », analyse Vera Čejkovska. |
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