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Le Courrier de la Bulgarie

Après les législatives en Bulgarie : Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha tire sa révérence

Par notre correspondante
Sur la Toile :
Mise en ligne : mardi 7 juillet 2009
Dès le lendemain des élections parlementaires du 5 juillet, l’ancien roi et Premier ministre Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha a décidé de démissionner de son propre parti, le NDSV. Avec seulement 3,5% des voix et aucun élu dans le nouveau Parlement, le parti est sonné par une lourde défaite.

Par Vanessa Mermet

L’ancien Roi Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha a annoncé sa démission de la tête de son parti, le Mouvement national pour la stabilité et l’essor (NDSV, anciennement Mouvement national Siméon II), après la défaite de ce dernier aux législatives de dimanche : avec 3,5% des voix, ce parti n’aura pas de représentants dans le nouveau Parlement.

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13 mai 2001, retour de Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha en Bulgarie, surveillé par Boïko Borisov et son entreprise de surveillance IPON (©Dnevnik/Nadejda Tchipeva)

C’est donc un parti en chute libre que quitte Siméon, après une victoire éclatante lors de son grand retour en 2001, quand une large majorité des Bulgares l’avaient propulsé au poste de Premier ministre. Le déclin s’était préalablement fait sentir lors des législatives de 2005, où le parti s’était retrouvé en seconde position, derrière les socialistes qui remportèrent les élections. Il est toutefois parvenu à faire partie de la coalition gouvernementale, aux côtés des socialistes et du Mouvement des droits et des libertés (DPS).

Le scrutin européen lui avait pourtant donné de l’espoir : avec Meglena Kouneva en tête de liste, Commissaire européenne sortante et personnalité incontestablement appréciée par l’ensemble des Bulgares, le NDSV avait remporté deux sièges à Strasbourg, petite victoire que l’ex-Roi espérait voir s’étendre au scrutin national de juillet.

Malheureusement pour lui, les urnes en ont décidé autrement, lui préférant le parti du maire de Sofia. Au lendemain de cette défaite, Siméon a publiquement annoncé sa décision de quitter la direction de son parti : « Personne n’est irremplaçable, ni éternel ». Il a par ailleurs ajouté que son successeur serait désigné lors d’un prochain Congrès du NDSV, qui sera organisé dès que possible.

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Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha (©Dnevnik)

Fair-play, il n’a pas pour autant oublié de féliciter la victoire de GERB, ni d’exprimer le souhait que le nouveau cabinet soit constitué au plus vite.

Toutefois, il a tenu à préciser que son départ de la politique ne signifiait pas un nouvel exil hors de Bulgarie : « J’ai passé 50 ans en exil. Vous m’imaginez partir maintenant ? Non, je suis né sur cette terre. Tant d’années à l’étranger, chassé de la mère patrie suite à un référendum illégal, et partir maintenant ? Vous pensez que je suis offensé ? Non, s’il vous plaît, ne me dites pas cela », a-t-il dit à la presse dimanche soir.

S’il a avoué ne pas s’attendre à de tels résultats, il reste positif quant à l’avenir de son parti, laissant les analyses pragmatiques à ses successeurs.

Une page se tourne donc dans la politique bulgare, marquée par l’ancien monarque revenu au pouvoir en 2001, porté par les foules comme synonyme de changement. Siméon était devenu un homme politique comme les autres, il avait de plus en plus de mal à convaincre, et il a finalement abdiqué avec l’élégance due à son rang.