Skopje
Sinisa-Jakov Marusic
Dragan Pavlović-Latas, aujourd’hui rédacteur en chef de la chaîne télévisuelle nationale Sitel TV, ainsi que du quotidien Večer, a en effet indiqué qu’il avait l’intention de poursuivre Vreme en justice pour libelle diffamatoire en raison de son choix de publier l’histoire à l’époque.
Citant des sources issues du contre-espionnage, Vreme avait affirmé que Dragan Pavlović-Latas avait agi sur des instructions émises par le dirigeant de la Serbie d’alors, Slobodan Milošević, dont le régime subissait une campagne de bombardements aériens menée par l’Otan destinée à mettre un terme aux exactions serbes au Kosovo.
Le quotidien avait publié à ce moment un document contenant des informations au sujet des relations qu’entretenait Dragan Pavlović-Latas avec un officier de liaison des services de renseignement serbes. Ainsi, dans le document en question, le rédacteur en chef semblait recevoir l’ordre de contacter d’autres membres de la communauté serbe vivant dans le pays, afin qu’ils organisent une manifestation de protestation devant l’ambassade des États-Unis qui puisse donner l’impression d’être spontanée. « L’ambassade américaine va être réduite en cendres », aurait répondu Dragan Pavlović-Latas, du moins toujours selon le document.
Après le début de la campagne de bombardements de l’Otan, plusieurs milliers de manifestants en colère avaient incendié des parties de l’ambassade des États-Unis à Skopje, bien que l’Ambassadeur américain de l’époque, Christopher Hill, se trouvât à l’intérieur.
L’intervention de la police avait empêché les protestataires d’infliger des dégâts encore plus lourds au bâtiment ; quant à l’Ambassadeur, il avait pu quitter les lieux indemne, entouré du personnel consulaire. La police avait également empêché les manifestants d’attaquer un hôtel voisin, où de nombreux ressortissants étrangers séjournaient, dont plusieurs citoyens américains.
Dans le document publié, Dragan Pavlović-Latas était dépeint comme un informateur fiable des services secrets de Slobodan Milošević. Lorsque l’on avait demandé à Dragan Pavlović-Latas dans quelle mesure il lui était possible d’influencer des gens du parti VMRO DPMNE, au pouvoir en 1999, au nom des intérêts de la Serbie, le rédacteur en chef aurait répondu n’être seulement capable que de rassembler des informations, car ses hommes de confiance au sein du parti avaient déjà été marginalisés par une faction pro-bulgare. Rappelons que le Premier ministre de l’époque et chef du VMRO DPMNE était Ljubčo Georgievski.



















