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BIRN

Bosnie : Milorad Dodik veut un recensement en Republika Srpska

Traduit par Simon Rico
Sur la Toile :
Mise en ligne : lundi 25 janvier 2010
Milorad Dodik, le Premier ministre de la Republika Srpska, a fait part de sa volonté d’organiser un recensement dans l’entité serbe. Une décision qui fait suite au refus des parlementaires bosniaques et croates de voter la loi prévoyant l’organisation d’un recensement sur tout le territoire bosnien en 2011. Les députés de la Fédération croato-musulmanes s’opposent à ce que soient retenues les questions d’appartenance ethniques et religieuses des citoyens.
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Bosnie : répartition de la population suivant l’appartenance ethnique en 2006 (estimations). En vert les Bosniaques, en bleu les Serbes, en rouge les Croates.

Le Premier ministre de Republika Sprska a fait part de son intention de convoquer un recensement dans cette entité de la Bosnie-Herzégovine dominée par les Serbes. Cette décision fait suite à l’échec du vote de la loi qui devait ouvrir la voie à un recensement national en 2011 au Parlement bosnien la semaine dernière.

« Le gouvernement de Republika Srpska a soumis un projet de loi de recensement au Parlement de l’entité. Nous l’adopterons et nous organiserons un recensement en avril 2011 » a déclaré Milorad Dodik aux journalistes.

« Je crois qu’il n’y a aucun moyen de nous empêcher de le faire... Pour nous ce recensement est utile », a-t-il ajouté.

Jeudi 21 janvier, le Parlement de Bosnie-Herzégovine n’est pas parvenu à se mettre d’accord pour voter la loi permettant la tenue d’un recensement dans toute la Fédération en 2011. La loi a été bloquée par les parlementaires bosniaques et croates qui insistaient pour que le recensement n’inclue pas les questions d’appartenance ethnique et religieuse comme le réclamaient les Serbes.

Le porte-parole du Parlement de Republika Srpska, Igor Radojičić, a déclaré aux journalistes que la Republika Srpska ferait passer sa propre loi pour tenir un recensement en 2011 et que l’autre entité, la Fédération croato-musulmane, « pouvait faire ce qu’elle voulait ».

Les dirigeants bosniaques et croates ont expliqué que la mise en place d’un recensement selon les critères des Serbes cimenterait le nettoyage ethnique qui a eu lieu pendant la guerre entre 1992 et 1995.

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Bosnie : répartition de la population suivant l’appartenance ethnique en 1991. En vert les Musulmans (aujourd’hui appelés Bosniaques), en bleu les Serbes, en rouge les Croates.

Le pouvoir partagé entre les groupes ethnique en Bosnie Herzégovine est actuellement basé sur le nombre d’habitants comptés lors du recensement de 1991, quelques mois avant le déclenchement du conflit qui a fait environ 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés, soit plus de la moitié de la population totale du pays.

Selon ce recensement, les Bosniaques représentent 43% de la population, les Serbes 31% et les Croates 17%. Ce dernier recensement montrait en outre que les communautés ethniques étaient inter-mélangées sur tout le territoire de la Bosnie-Herzégovine.

Les accords de paix de Dayton signés en décembre 1995 ont abouti à la division du pays en deux entités semi-indépendantes : la Fédération croato-musulmane et la Republika Sprska. Chaque entité dispose de son propre président, de son propre gouvernement et de son propre Parlement, mais les deux sont liées par de faibles institutions centrales.