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Crise en Grèce : la population sous le choc des mesures d’austéritéTraduit par Laurelou Piguet
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 3 mars 2010
Mise en ligne : vendredi 5 mars 2010
Sous la pression de Bruxelles et du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rhen, en visite à Athènes en début de semaine, le gouvernement grec a annoncé une série de mesures choc qui doivent permettre à l’État grec d’économiser 4,8 milliards d’euros, « dont 50% proviendra de la réduction des dépenses et 50% de l’augmentation de la fiscalité », selon le ministre de l’économie. Des manifestations ont débuté dès le 3 mars, et le pays est à nouveau bloqué par une grève générale appelée par les syndicats ce vendredi 5 mars.
La série de mesures annoncées est comme un ouragan qui va appauvrir tous les Grecs mais qui constitue, selon les acteurs du gouvernement et de l’économie, la seule voie pour empêcher le pays de sombrer dans la banqueroute. Les mesures, annoncées par le porte-parole du gouvernement, Yorgos Petalotis, vont bouleverser la situation économique de 8,5 millions de citoyens. En effet, l’augmentation notable de la TVA, des taxes sur les carburants, cigarettes et boissons, et les coupes dans les salaires, vont faire diminuer leur revenu disponible. Sur l’ensemble des Grecs, cela représente une charge de 4,8 milliards d’euros. Cela commence par la diminution (rétroactive) des primes de Noël, de Pâques et des congés d’été que les employés du public reçoivent aujourd’hui ; ensuite, par la coupe de 12% de toutes les allocations, ce qui représente 1,41 milliards d’euros d’économie pour l’État. Concrètement, cette mesure provoque une baisse d’environ 7 à 8% par mois des salaires reçus aujourd’hui par plus de 600.000 employés du secteur public, des collectivités régionales et locales (OTA) et des Organismes et entreprises publiques (DEKO). Cette mesure s’applique à partir du 1er janvier 2010. Prenons par exemple un employé du public qui reçoit une rémunération mensuelle de 1.000 euros : avec la diminution de 30% de primes, il perdra 600 euros par an, et son salaire tombera donc à 900 euros par mois. Sont exclues de cette mesure les allocations familiales, les primes au rendement, les bourses d’études et les allocations versées pour des conditions de travail particulières. Si le 14e mois n’est pas complètement supprimé, cette baisse des primes conduit, selon les syndicalistes, à une perte de revenus équivalente au 13e et au 14e mois. Les retraites non seulement de l’État mais aussi d’autres caisses ne seront pas augmentées d’un euro. Globalement, tous les salaires et les retraites du secteur public sont gelés, ce qui fait réaliser un gain de 650 millions d’euros. Les embauches dans le secteur public sont suspendues (sauf dans l’éducation, la santé et la sécurité) pour 2010. Concernant le secteur privé, le ministre Yorgos Papakonstantinou a expliqué que le gouvernement ne procéderait à aucune intervention dans les conventions collectives de travail. En revanche, il est presque certain que les 70.000 retraités des sociétés Électricité de Grèce (DEH) et Organisme grec de télécommunications (OTE) verront leur pension être réduite de 7%, après l’annonce faite par le gouvernement de réduire de 10% la somme allouée au budget des caisses de ces compagnies. Ces mesures doivent être valables au moins trois ans, jusqu’à la fin de la procédure de mise en surveillance de l’économie grecque par l’UE. Ce projet de loi, déposé par le gouvernement au Parlement qui doit être voté demain en procédure d’urgence, prévoit en outre une augmentation globale de la TVA de 2%. Cette augmentation doit permettre à l’État d’engranger environ 1,3 milliards d’euros par an. Par ailleurs, pour la seconde fois en deux mois, la taxe sur les carburants, cigarettes et boissons va être augmentée, pour un gain estimé pour l’État de 1,1 milliard d’euros. Ces nouvelles mesures sont valables dès aujourd’hui. A noter que la politique d’austérité s’applique aussi aux frais de représentation du Président de la République – qui a demandé à participer à l’effort national de sauvetage de l’économie – et bien sûr du Premier ministre, du Président du Parlement, du Vice-président du gouvernement, du gouvernement. |
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