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B92
WikiLeaks : la Serbie était au courant des déplacements de MladićTraduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 9 décembre 2010
Mise en ligne : vendredi 10 décembre 2010
S’appuyant sur les dépêches de WikiLeaks, le New York Times a publié un rapport américain de 2008, qui cite un diplomate espagnol affirmant que Belgrade savait « parfaitement où se trouvait Mladić ». Pour expliquer pourquoi l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie n’a toujours pas été arrêté, le journal pointe le désintérêt des Américains, le double-jeu diplomatique russe et la transition démocratique inachevée en Serbie.
« Les diplomates américains rapportent les réserves faites en privé par les conseillers présidentiels serbes du manque de coopération de la part de la Russie. Un conseiller, Miki Rakić, avait notamment de forts soupçons sur les personnes fidèles à Mladić qui rencontraient et discutaient avec les diplomates russes » écrit le New York Times. « Rakić a même été en Russie pour demander au conseiller à la sécurité nationale, Nikolai Patrushev, si la Russie aidait Mladić », écrit encore le New York Times. Selon les dépêches raportées par le journal, « les diplomates occidentaux notent la réticence de la Russie à coopérer avec eux. Mladić entre dans un schéma où le Kremlin essaie de saper le travail du Tribunal de La Haye qu’il considère comme un instrument occidental contre les Slaves orthodoxes ». « Une dépêche secrète de novembre 2009 relate comment le diplomate autrichien Valentin Inzko, Haut Représentant pour la Bosnie-Herzégovine, exprimait son inquiétude de voir l’Amérique « abandonner le cas Mladić ». Son adjoint, un diplomate américain, se plaignait aussi de voir partir tous les militaires qui travaillaient sur les questions des crimes de guerre. Valentin Inzko est encore cité, disant que « Mladić se cachait à Belgrade sous une nouvelle identité peut-être avec l’aide d’une agence de sécurité qui jouait le rôle de réseau de soutien ». Une des dépêches mentionnée par le rapport « révèle que Rade Bulatović, alors chef du BIA, le service serbe de renseignements, savait où Radovan Karadžić se cachait six mois avant sa capture et qu’il n’avait pas agi à cause de la parenté idéologique du Premier Ministre Koštunica avec Karadžić et du manque de pression internationale ». « Quand le gouvernement a changé, Bulatović a donné ses informations en échange de la promesse d’un poste d’ambassadeur », écrit le quotidien, avant d’ajouter que Bulatović, qui avait nié « avoir eu des informations sur les pérégrinations de Karadžić ou de Mladić »n’a pas eu de poste d’ambassadeur. L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie recherché par le tribunal de La Haye est décrit comme « un homme dur, expérimenté dans les tactiques de sécurité et soutenu par des protecteurs fidèles ayant une formation militaire, selon ses amis ». L’article affirme aussi que son réseau est soutenu par la volonté de fermer les yeux de la part des gouvernements serbes qui se sont succédés ». Les diplomates américains « ont exprimé leur scepticisme » au sujet du ministre des Affaires étrangères Vuk Jeremić, et le présentent comme « un prodige éduqué à Harvard qui considère chaque action menée avec Moscou comme un coup porté à Washington ». Le Président serbe Boris Tadić est dépeint de son côté comme « un dirigeant charismatique souvent indécis et timide en politique ». Dans une déclaration faite à l’agence de presse Beta, celui-ci affirme que le gouvernement serbe ne sait pas où se cache Mladić et qu’il sera arrêté dès qu’il aura été localisé. |
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