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Le Courrier des Balkans
Macédoine : les citoyens ne font pas confiance au gouvernementSur la Toile :
Mise en ligne : lundi 3 janvier 2011
Les citoyens macédoniens n’ont confiance ni en leur gouvernement, ni en leurs institutions ni en la classe politique. Telles sont les conclusions d’une enquête réalisée par l’IFIMES. Cet institut basé à Ljubljana a lancé un nouveau projet visant à sonder l’état et la perception de la démocratie dans les sociétés en post-transition. La Macédoine est le premier pays étudié.
Par Julie Quetier
L’objectif principal de ce projet qui concerne plusieurs pays d’Europe du sud-est et des anciennes républiques de l’URSS est de mesurer la capacité de ces pays à entretenir une démocratie sur le long terme. Les citoyens peuvent-ils faire confiance à leurs institutions ? Quel est le ressenti des différentes populations sur la démocratie dans leurs pays respectifs ? Le premier sondage, réalisé par l’Institut international pour la recherche sur le Moyen-Orient et les Balkans, a eu lieu du 20 au 25 décembre en Macédoine, par téléphone. Les 1204 personnes sondées sont des représentants de divers groupes ethniques et religieux. La première partie du sondage se composait de questions ouvertes, sur la démocratie en Macédoine, le pouvoir d’achat, l’intégration à l’Otan et à l’UE. 95,3% des personnes sondées sont en faveur de l’intégration à l’Otan et à l’UE, mais seuls 21,3% pensent que la Macédoine est sur la bonne voie pour ce processus. La seconde partie de ce questionnaire posait des questions plus spécifiques, comme par exemple « Êtes-vous pour ou contre l’Accord cadre d’Ohrid ? » (lire à ce sujet Macédoine : l’Accord cadre d’Ohrid est-il mort ?) : 75,4 % des sondés se sont clairement exprimés en faveur de ces accords historiques. Plusieurs questions soulevaient le problème du nom du pays, et 42,2% des sondés se disent prêts à régler le problème du nom avec la Grèce si la solution ne remet pas en cause leur identité nationale macédonienne. De même, 69,3 % se disent contre le projet urbanistique colossal « Skopje 2014 », qui a commencé début 2010 et a vu la naissance de statues champignons dans le centre ville de Skopje. Plus inquiétants, les doutes exprimés par les Macédoniens au sujet de leurs préférences politiques. Si des élections avaient lieu demain, 25,8% des sondés ne sauraient pas quel parti choisir, contre seulement 22,1% qui se prononceraient pour le VMRO-DPMNE, parti conservateur au pouvoir depuis 2006. 51,2% des sondés affirment n’avoir confiance en aucun homme politique. Le troisième volet portait sur les opinions concernant l’action gouvernementale et la démocratie. Les réponses révèlent à quel point les Macédoniens ont peu confiance en leur gouvernement et en leurs institutions. Selon eux, le gouvernement ne fait rien pour lutter contre la corruption (79,3%) et n’essaie pas de développer l’économie (55,3%). Les institutions ne respecteraient pas les droits de la personne (67,2%) et contrôleraient indûment les médias (68,2%). Les résultats de ce premier sondage sont inquiétants pour la Macédoine, pays candidat à l’adhésion à l’UE depuis plusieurs années déjà. Pour les citoyens, il est clair que la transparence et l’efficacité n’est pas le fort du gouvernement. De gros efforts en terme de démocratie de la part des institutions et de la classe politique sont indispensables, si le gouvernement veut retrouver la confiance des citoyens macédoniens. Retrouvez l’intégralité du premier sondage |
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