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Le Courrier des Balkans

Roumanie : 2.000 Rroms installés de force dans une ancienne usine de produits chimiques

Par notre correspondante
Sur la Toile :
Mise en ligne : mardi 5 juin 2012
A cinq jours des élections municipales en Roumanie, Cătălin Cherecheş le maire de Baia Mare, a forcé vendredi 1er juin une communauté de 2.000 Rroms à déménager dans des logements sociaux situés dans l’ancienne usine Cuprom, qui traitait auparavant des métaux lourds. Une dizaine de personnes ont été intoxiquées après avoir ingéré des produits chimiques.

Par Julia Beurq

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En septembre 2011 déjà, de nombreuses familles roms avaient été expulsées de Baie Mare (©Mugur Vărzariu)

Cătălin Cherecheş le maire de Baia Mare avait fait de l’évacuation du quartier Rrom de Craica son cheval de bataille pour sa réélection. Ce maire appartenant à l’Union-Social-Libérale (USL) avait pourtant promis en date du 20 avril de cette année, « qu’aucune famille ne serait évacuée de force et qu’aucun logement ne serait détruit sans accord préalable ».

Néanmoins, vendredi dernier, les 2.000 Rroms de ce quartier ont été soumis à des pressions de la part des représentants de la mairie et de la police, afin qu’ils quittent leurs maisons pour s’établir dans des logements sociaux, mis en place dans l’ancienne usine Cuprom.

A la suite de ce déménagement forcé, une dizaine d’enfants et d’adultes ont été transférés à l’hôpital après avoir ingéré des produits chimiques. Ces derniers auraient été laissés dans les armoires des logements sociaux après que l’usine avait cessé de fonctionner en 2006.

Dans une lettre ouverte, les organisations « Romani CRISS », « Sanse Egale » et « Asociatia Umanitara Impreuna pentru Ei » ont précisé que « cet événement ne montre pas seulement le manque d’intérêt vis-à-vis des droits des Rroms, mais aussi, le manque d’aménagement des logements sociaux dans l’enceinte Cuprom. Ce qui est aggravé par le fait que, des récipients contenant des substances toxiques ont été laissés dans les chambres où ces personnes ont été forcé d’emménager ».

Elles ont également précisé « qu’il est inadmissible que la campagne électorale d’un maire soit basée sur le déplacement d’un groupe ethnique à n’importe quel prix, et dans n’importe quelles conditions et surtout si elle met en danger la santé et les vies de dizaines de personnes ».

Ce n’est pas la première fois que Cătălin Cherecheş s’en prend à la communauté Rrom de sa ville. Il est déjà tristement célèbre dans la presse internationale pour avoir édifié en novembre dernier un mur entre la communauté Rrom et les autres habitants de la ville. Il a été condamné par le Conseil national pour le combat contre les discriminations à payer une amende de 6.000 Lei (1.500 euros).

Retrouvez ici la déclaration d’Amnestie International.