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Voïvodine : l’enseignement bilingue, une chance ou un piège pour les minorités ?

Traduit par Jovana Papović
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 9 juillet 2012
Mise en ligne : mardi 10 juillet 2012
Souvent, les enfants des minorités nationales de Voïvodine, uniquement scolarisés dans leur langue maternelle, parlent mal le serbe, ce qui peut s’avérer handicapant pour la poursuite d’études supérieures. L’enseignement bilingue pourrait représenter une solution, appréciable également pour les enfants des couples mixtes. Toutefois, les représentants des minorités craignent le risque d’une « assimilation culturelle ».
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Une école hongroise en Voïvodine

Arabela Lašu est en troisième année d’études universitaires, mais elle passe encore ses examens à l’aide d’un dictionnaire serbe-hongrois. « C’était assez difficile au début, puisque je ne connaissais pas la langue. Je ne comprenais pas ce que les professeurs disaient, je devais sans cesse me servir du dictionnaire, c’était très difficile. Je viens d’un village où ne vivent presque que des Hongrois », explique-t-elle.

Arabela ajoute qu’elle aurait souhaité apprendre le serbe bien plus tôt, mais à l’école primaire de sa petite ville de Csantavér/Čantavir, près de Subotica, on ne parle que le hongrois. C’est la raison pour laquelle le médiateur de la République souhaite généraliser la pratique des classes bilingues, en serbe et dans les langues des minorités. Aniko Muškinja Hajnrih, ombudsman de la province de Voïvodine, est également très préoccupée par la question des enfants de couples mixtes. « Nous estimons que personne ne s’occupe assez de leur droits, il faudrait prendre en compte leur particularités, il faudrait qu’ils puissent apprendre à parler correctement leur deux langues maternelles », explique-t-elle.

Risque d’assimilation ?

Une initiative similaire a vu le jour à Subotica, où les parents demandaient à ce que les cours soient donnés dans les deux langues. Cette idée n’a pas été acceptée par le Conseil national des Hongrois de Serbie, et le secrétariat de la province autonome prétend que ce n’est pas légal. « En prenant exemple sur ce qui se fait dans d’autres pays, notamment en Slovénie qui a créé ce type de cursus pour les membres de la communauté hongroise, on peut dire que l’enseignement bilingue est un chemin vers l’assimilation. Pas vers l’intégration, mais bien vers l’assimilation », dénonce Tamás Korhecz, le président du conseil national des Hongrois.

« Quand notre pays à adopté la loi sur l’enseignement bilingue, il était précisé que cet enseignement pouvait se faire dans une langue internationale et dans la langue maternelle, ce n’est pas la bonne solution », estime Zoltan Jegeš, Secrétaire adjoint à l’Éducation de la province.

Tous s’accordent pour dire qu’une réforme qui préconiserait l’apprentissage de la langue serbe est nécessaire pour la minorité hongroise. D’ici-là, les élèves des classes bilingues apprendrons des langues étrangères comme l’anglais ou le français et sauront à peine se servir du serbe. Ainsi, en Voïvodine, on continuera souvent à entendre la phrase : « Nem tudom » (je ne comprends pas)...