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Les deux premiers lauréats du Prix Vick du Meilleur roman bulgare de l’année participeront à l’édition 2006 de la Foire du Livre de Francfort où ils présenteront leurs oeuvres primées. Dans son roman L’Exécuteur, Stephan Kisyov (lauréat 2004) revient avec humour et colère sur la période de la Bulgarie communiste tandis que le roman La Rivière de Verre, d’Emil Andreev (lauréat 2005) décrit, lui, une idylle mystique que détruisent les fantômes du passé et du présent.
Décerné par la Fondation du même nom, le Prix Vick a pour objectif d’assister, de développer et d’assurer la promotion du roman bulgare contemporain en Bulgarie même et à l’étranger. Ainsi, alors que les romans à succès bulgares se vendaient à plus de 100 000 exemplaires il y a vingt ans, les « best-sellers » bulgares peinaient à atteindre la vente de 500 exemplaires il y a trois ans. Entre temps, l’effondrement du communisme avait en effet opéré une véritable césure et provoqué un tel déluge d’idées et d’impressions nouvelles que la littérature bulgare semblait pratiquement au point mort. Manque de continuité ? Avènement d’une génération perdue pour les écrivains ? L’absence de message clair délivré à la génération littéraire à venir rendait en tout cas particulièrement sensible le vieillissement des oeuvres, des styles et des idées. Jamais, en tout cas, la littérature bulgare n’avait semblé avoir aussi peu les faveurs du public.
L’attribution du Prix Vick met un terme à cette situation. Chaque année, présidée par le citoyen britannique Edward Vick, une commission permanente de personnalités connues de la vie publique bulgare nomme un jury de quatre personnes chargées de lire tous les romans bulgares ayant fait l’objet d’une première publication au cours de l’année précédente et de présenter ensuite une sélection de six romans à partir desquels un lauréat est désigné lors d’une cérémonie se déroulant à l’automne. Lors des délibérations du jury, le grand public contrôle 20% des droits de vote par le biais de son suffrage exprimé sur Internet.
Outre une récompense en espèces, le prix offre également une traduction en anglais du roman lauréat. Cette traduction est prise en charge par le groupe EVS, une agence internationale de traduction, et permet ainsi à l’ouvre récompensée de toucher un large public hors des frontières bulgares.
L’attribution du prix a éveillé un énorme intérêt médiatique dès sa première édition. Ainsi, alors qu’il était pourtant impossible d’obtenir des exemplaires des livres sélectionnés, la première cérémonie d’attribution du prix a été couverte en direct par deux chaînes de télévision et fait l’objet de centaines de publications dans tout le pays. Durant la deuxième année, les ventes du livre lauréat ont atteint plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires et créé ainsi une situation sans précédent pour le roman bulgare. Si l’intérêt des médias s’est notablement accru, l’événement a également suscité l’apparition d’une pratique tout à fait nouvelle sur la scène littéraire bulgare avec l’attribution d’une avance accordée par son éditeur au lauréat Emil Andreev pour son prochain roman.
Elena Skuleva, directrice de la Fondation, et Edward Vick, président de la Fondation Vick et PDG du groupe EVS, seront également présents à la Foire du Livre de Francfort. « La Bulgarie étant sur le point d’intégrer l’Union européenne, il était grand temps de jeter un coup de projecteur sur la littérature bulgare. Il était aussi temps que les Bulgares se remettent à lire leur propre littérature et que la communauté internationale ait ne serait-ce qu’une idée de ce qui se passe sur la scène littéraire bulgare », explique Edward Vick en commentant l’attribution du Prix.









