Ce vin croate inconnu détrône les grands crus français dans les restaurants étoilés

Il est produit sur une île que seuls quelques voyageurs aventureux connaissent. Il ne figure dans aucun guide Michelin. Et pourtant, il s’arrache dans les caves des restaurants triplement étoilés de Paris, Tokyo ou Copenhague. Ce vin croate, issu d’un cépage quasi oublié, est en train de bousculer l’élite mondiale de l’œnologie.

Une île sauvage… et un terroir unique

Bienvenue sur l’île de Vis, à l’extrême sud de la Croatie, au large de Split. Cette ancienne base militaire de la Yougoslavie est longtemps restée fermée au public, ce qui a préservé un écosystème exceptionnel. Les vignes y poussent entre mer, calcaire et vents salés.

C’est ici que l’on cultive un cépage autochtone mystérieux : le Vugava. Cultivé depuis l’Antiquité, mais resté dans l’ombre pendant des siècles, il produit un vin blanc puissant, aromatique, presque solaire.

« C’est comme si la Méditerranée entière se retrouvait dans un seul verre », dit un sommelier londonien.

Le vigneron qui a dit non à l’industrie

À l’origine de ce renouveau : Marko Radic, 41 ans, ancien cadre dans une banque à Zagreb, qui a tout quitté pour reprendre les vignes de son grand-père. Pendant des années, son vin ne trouvait pas preneur.

« On me disait que ça n’intéressait personne, que ce cépage était trop rustique », raconte-t-il. Il a refusé de vendre aux industriels et a préféré miser sur la biodynamie, la vinification naturelle, et les micro-cuvées.

Aujourd’hui, il produit à peine 4 000 bouteilles par an… mais elles se vendent toutes avant même la mise en bouteille.

Les chefs étoilés s’arrachent ses bouteilles

Tout a changé en 2021, lorsqu’un chef danois en vacances découvre son vin dans une auberge de pêcheurs. Séduit, il en commande 300 bouteilles pour son restaurant à Copenhague. L’année suivante, un sommelier japonais de Ginza en achète 120… puis un Français double étoilé en Provence.

« Le Vugava de Vis a une texture unique. Il rivalise avec un Meursault mais avec une touche sauvage. C’est bluffant », explique Louis M., sommelier à Paris.

Les prix ont explosé : de 12 € à 80 € la bouteille en seulement 3 ans. Et malgré cela, il est presque impossible d’en trouver.

Un vin né de la roche et du silence

Les vignes poussent sur des restanques abruptes, à flanc de falaise. Elles sont arrosées uniquement par la rosée nocturne et le vent marin. Aucun pesticide, aucun intrant chimique. Marko vendange à la main, presse à l’ancienne et fait fermenter dans des amphores enterrées.

« Je veux que le vin raconte l’île », dit-il. Et c’est exactement ce qui se passe : notes de figue, de sauge, de sel… à chaque gorgée, c’est la Dalmatie brute qui s’exprime.

Pourquoi ce vin séduit autant ?

Les sommeliers parlent de minéralité, de franchise, de caractère. Dans un monde où beaucoup de vins se ressemblent, le Vugava offre une expérience à part. Il ne flatte pas, il intrigue. Il parle de la terre, du climat, de l’histoire.

« Ce n’est pas un vin de dégustation. C’est un vin de conversation », disent certains critiques.

Son profil atypique le rend parfait pour les accords modernes : poissons crus, plats végétaux, cuisines épicées. Une rareté qui devient précieuse dans un univers gastronomique en quête de singularité. C’est d’ailleurs le cas de beaucoup d’endroits relayés sur cet article.

Une revanche pour les Balkans viticoles

La Croatie n’a jamais eu la même reconnaissance que la France ou l’Italie en matière de vin. Pourtant, le pays possède plus de 120 cépages autochtones, souvent très anciens, et des terroirs incroyablement variés, du nord montagneux à la côte dalmate.

La reconnaissance du Vugava de Vis marque un tournant symbolique. Elle montre que les Balkans peuvent proposer des crus de très haut niveau, à condition d’assumer leur singularité.

L’avenir : résister ou se vendre ?

Mais le succès attire aussi les convoitises. Plusieurs groupes étrangers ont proposé à Marko de racheter ses vignes ou de produire à grande échelle. Il a refusé. « Je préfère vendre peu mais rester libre », dit-il.

Il forme désormais de jeunes vignerons locaux, pour éviter que ce savoir-faire disparaisse ou soit récupéré par des multinationales.

Où le goûter ?

À l’heure actuelle, seules quelques adresses triées sur le volet en Croatie proposent son vin, notamment à Split, Dubrovnik, et bien sûr sur l’île de Vis, dans la taverne familiale de Marko, sans enseigne ni réservation.

Pour les autres ? Il faudra patienter ou espérer une dégustation surprise dans un grand restaurant… Mais une chose est sûre : ce vin croate inconnu n’a pas fini de faire parler de lui.

8 commentaires sur “Ce vin croate inconnu détrône les grands crus français dans les restaurants étoilés

  1. Ce vin croate semble vraiment captivant ! J’adore l’idée qu’il raconte l’histoire de son terroir et je suis impatiente de le goûter.

  2. Un vin qui vient d’une île secrète, ça donne envie de partir à l’aventure ! Qui aurait cru que la Croatie cache des trésors aussi fascinants ?

  3. Murad, quel article fascinant ! Le Vugava de Vis semble être une véritable pépite. J’adore découvrir des vins oubliés qui méritent leur heure de gloire.

  4. Franchement, ça a l’air bien trop élitiste tout ça ! Un vin introuvable et cher, c’est pas ça qui va me faire aimer le vin.

  5. Murad, cet article résonne avec mon amour pour des vins qui célèbrent l’authenticité et la nature. Le Vugava semble être une véritable œuvre d’art.

  6. C’est fascinant de découvrir comment un vin oublié peut émerger et séduire l’élite mondiale ! Une belle revanche pour la Croatie.

  7. C’est incroyable de voir un vin si unique émerger des Balkans. Ça montre que la créativité et l’authenticité peuvent vraiment surprendre. Bravo !

  8. Ce vin croate me fascine ! J’adore l’idée d’un cépage quasi oublié qui revient sur le devant de la scène. Cela montre bien que des trésors sont cachés dans notre monde.

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