Un village croate a interdit le béton : le résultat est spectaculaire

Un village croate a interdit le béton : le résultat est spectaculaire

Il y a quelques années, ce hameau côtier semblait figé dans le passé. Des ruelles de pierre serpentant entre des maisons centenaires, des oliviers tordus par le vent, et une mer d’un bleu presque irréel. Mais un jour, les habitants ont pris une décision radicale : bannir le béton. Depuis, quelque chose d’étrange s’est produit. Le village ne s’est pas figé… il a fleuri.

Une décision née d’un ras-le-bol

Le village de Hum, perché sur une colline d’Istrie, ne compte qu’une trentaine d’habitants. Mais ce minuscule bourg croate est devenu un symbole de résistance face à l’uniformisation architecturale.

« On voyait les villages voisins se transformer en stations balnéaires sans âme. Des blocs de béton remplaçaient les vieilles maisons. On ne voulait pas ça ici », raconte Luka Marinović, l’un des doyens du village.

En 2019, lors d’une assemblée municipale improvisée sur la place centrale, les habitants ont voté à l’unanimité une mesure inédite : interdire toute construction utilisant du béton moderne. Seuls les matériaux traditionnels – pierre locale, bois, chaux – seraient désormais autorisés.

Cette décision, prise sans ingénieur ni urbaniste, allait pourtant bouleverser l’avenir du village.

Redonner vie aux savoir-faire oubliés

Au début, la tâche semblait insurmontable. La pierre sèche, le mortier à la chaux, les toits en tuiles anciennes… Tout cela demandait un savoir-faire que peu maîtrisaient encore.

« On a dû faire appel à des artisans de plus de 70 ans. Certains n’avaient pas touché une truelle depuis des décennies », se souvient Ana Kovačević, jeune architecte originaire de Zagreb venue prêter main forte.

Peu à peu, les gestes sont revenus. Les murs ont été remontés pierre par pierre. Les toitures effondrées ont retrouvé leur courbure d’autrefois. Même les enfants du village ont appris à tailler la pierre et à badigeonner les murs à la chaux.

En deux ans, plus de 80 % des bâtiments ont été restaurés ou consolidés sans un gramme de béton. Un exploit que peu auraient cru possible.

Un impact visuel saisissant

Dès l’entrée du village, la différence saute aux yeux. Les maisons semblent respirer, comme si elles faisaient corps avec le paysage. Pas de lignes droites agressives, pas de gris uniforme. Juste des teintes chaudes, des textures rugueuses, des formes organiques.

« C’est comme si le village avait retrouvé sa voix », murmure une touriste allemande, appareil photo en main.

Le contraste avec les villages voisins est frappant. Là où le béton a lissé les reliefs, Hum a conservé ses irrégularités, ses imperfections, sa poésie.

Même les rues ont été repavées à l’ancienne, avec des galets polis par le temps. Le soir, lorsque la lumière décline, le village semble sortir d’un autre siècle.

Une économie locale relancée

Contre toute attente, cette interdiction du béton a aussi eu un effet inattendu : elle a relancé l’économie locale.

Les tailleurs de pierre, les maçons traditionnels, les menuisiers ont retrouvé du travail. Des jeunes sont revenus s’installer pour apprendre ces métiers oubliés.

« Avant, je pensais partir à Dubrovnik pour travailler dans l’hôtellerie. Mais ici, j’ai trouvé un vrai métier, un vrai sens », confie Marko, 24 ans, désormais apprenti maçon.

Les artisans locaux ont vu leurs revenus tripler en quelques années. Et les visiteurs affluent de toute l’Europe pour admirer ce village hors du temps.

En 2023, Hum a accueilli plus de 40 000 visiteurs, un chiffre record pour un village de cette taille. Les chambres d’hôtes affichent complet plusieurs mois à l’avance.

Un modèle écologique inattendu

En bannissant le béton, Hum a aussi réduit drastiquement son empreinte carbone. Le ciment, composant principal du béton, est responsable de 8 % des émissions mondiales de CO₂.

À l’inverse, la pierre locale nécessite peu de transport, et la chaux absorbe du CO₂ en durcissant. Résultat : chaque maison restaurée à Hum émet jusqu’à 70 % de CO₂ en moins qu’une construction moderne.

« On ne l’avait pas anticipé, mais c’est devenu un argument fort », explique Ana Kovačević. « Aujourd’hui, des architectes du monde entier viennent étudier notre modèle. »

Le village a même été invité à la Biennale d’architecture de Venise pour présenter son approche radicale.

Une inspiration pour d’autres villages

Depuis la décision de Hum, une dizaine d’autres villages croates ont lancé des initiatives similaires. Certains ont restreint l’usage du béton, d’autres ont créé des écoles d’artisanat traditionnel.

Même des maires de communes françaises, italiennes et espagnoles sont venus sur place pour comprendre comment un si petit village avait pu réussir un tel pari.

« Ce n’est pas une utopie », insiste Luka Marinović. « Il faut juste avoir le courage de dire non à la facilité. »

Mais cette réussite soulève aussi des questions. Le modèle est-il reproductible à grande échelle ? Peut-on vraiment se passer du béton dans un monde qui construit toujours plus vite, toujours plus haut ?

Hum, en tout cas, a choisi une autre voie. Une voie plus lente, plus enracinée, plus humaine.

Et si c’était ça, le vrai luxe aujourd’hui ?

L’auteur a utilisé l’intelligence artificielle pour approfondir cet article.

3 commentaires sur “Un village croate a interdit le béton : le résultat est spectaculaire

  1. C’est inspirant de voir un village choisir une autre voie. Leur engagement pour l’environnement et la tradition est un exemple à suivre. Bravo !

  2. C’est fou comme un petit village peut redéfinir les normes ! Qui aurait cru que dire non au béton serait si populaire ?

  3. Bravo, Fevza ! Hum montre qu’on peut allier traditions et écologie. Une véritable leçon pour les villes modernes !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *